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La brèche




Cette fin de semaine, le journal Le Devoir a publié un dossier sur les 20 ans du réseau des garderies. À la lecture des articles, il est facile de comprendre qu’entre 1997 et ces dernières années, le réseau public a vu beaucoup d’enfants quitter vers le privé ! Ça ressemble à un air connu…

Dans une entrevue de Jean-François Nadeau avec Pauline Marois, instigatrice des CPE, on apprend que « depuis avril 2014, il s’est développé 5 568 places en CPE et 10 000 en garderies privées, subventionnées et non subventionnées ».

Dans un autre article, rédigé par Isabelle Paré, on peut lire que « depuis le rehaussement du crédit d’impôt pour les frais de garde en 2009-2010 et l’abandon du tarif universel à ‘‘ 7 $ ’’ en janvier 2016, le nombre de places en garderie commerciale (sans subvention) a décuplé. Entre 2009 et 2016, ce nombre est passé de 7 000 à plus de 55 000 places, soit une expansion spectaculaire de près de 1000 % ».

Il existait auparavant des garderies privées tout comme il existait des écoles privées. Mais leur nombre augmente sans cesse… Et l’ouverture à plus de garde-ries privées, certaines subventionnées et d’autres non, mais qui demandent un tarif moyen de 37 $ par jour, a ramené les garderies comme les écoles à une « business ». Et une « business », ça sert à faire de l’argent…

Marie-Michèle Sioui et Dave Noël ont interrogé des courtiers immobiliers. « ‘‘ Ces temps-ci, c’est entre 15 000 et 18 000 $ par tête ’’, résume le courtier immobilier Mario D’Errico. […] La va-leur d’une garderie privée subventionnée de 80 places peut donc atteindre 1,44 million et le prix de vente affiché peut s’élever à plus de 3 millions si l’on inclut le bâtiment, atteste le courtier ». Pour les garderies non subventionnées, on parle de 5 000 $ ou 6 000 $ par tête.

Ce lundi, un autre article, celui-là de Jessica Nadeau, nous apprend qu’« inquiètes de perdre une partie importante de leur clientèle et de leur chiffre d’affaires, les garderies privées font des démarches à Québec pour que le programme de maternelle 4 ans soit offert dans leurs installations plutôt que dans le réseau public ».

C’est très inquiétant. Bien qu’il n’y ait aucune surprise à ce que le privé ne veuille pas voir les enfants quitter vers l’école publique dès 4 ans, il est plus difficile de comprendre que le but principal de leur demande soit essentiellement monétaire...

Sachant qu’il y a un roulement de personnel de 50 % dans les garderies privées non subventionnées, que la formation est inadéquate et surtout que « seulement 10 % des garderies commerciales obtiennent une cote ‘‘ bonne à excellente ’’, comparativement à 45 % des CPE », il est impératif que les maternelles 4 ans demeurent en milieu scolaire.

Christa Japel, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM, indique que, dans ces garderies, il y a un minimum qui doit être respecté comme le local, la sécurité et le nombre d’enfants par éducatrice, qui n’ont besoin que de 45 heures de formation pour recevoir un permis… « mais personne n’y observe la qualité éducative ».

Les éducatrices en service de garde du milieu scolaire doivent avoir une attestation d’études professionnelles de quelque 390 heures et un cours de premiers soins, qui doit être renouvelé tous les 3 ans. La comparaison parle d’elle-même. Dans le réseau scolaire, que nous parlions du personnel de soutien ou du personnel enseignant, la qualité est au rendez-vous.

Alors que ce réseau voulait permettre l’universalité et l’égalité pour tous, le côté « business » n’est plus à démontrer. Si le privé devait faire une incursion dans le réseau scolaire par les maternelles 4 ans, la brèche serait ouverte pour tous les autres niveaux. Le bien de l’élève en prendrait pour son rhume.

 

Photo : Photo : Oleg Beloborodov / 123rf


Le poids invisible des soutanes et des cornettes




En cette semaine de l’Halloween, monstres, sorcières, fantômes reviennent nous hanter ! Il en est de même pour le palmarès des écoles, publié par le Journal de Montréal en partenariat avec l’Institut Fraser, que l’on reconnaît, avec ou sans déguisement, comme groupe de réflexion de droite !

En lisant plusieurs des articles parus depuis vendredi dernier dans ce quotidien, j’ai compris que les enseignantes et enseignants devraient se déguiser en sœurs à cornette ou en frères des écoles chrétiennes !

Oublions le vœu de chasteté, qui en a pris pour son rhume avec les histoires d’horreur des dernières années, mais réhabilitons les vœux de pauvreté et d’obéissance, qui semblent être l’avenue gagnante pour la réussite des élèves !

En lisant le texte d’opinion de madame Bombardier, ce 31 octobre, cela tombe sous le sens. « Dans une bonne école, les enseignants ne sont pas dans un rapport de force avec la direction. Généreux de leur temps, ils sont disponibles pour les jeunes hors des heures de cours, ne craignent pas d’exercer leur autorité et aiment leur matière.

« […] Les enseignants et les professionnels qui font des miracles avec les jeunes, même ceux en difficulté, possèdent une compétence intimement liée aux qualités de cœur, de sensibilité et de don de soi. Ces enseignants-là ne travaillent pas, ils ont la vocation, un si beau et noble mot, quasi disparu du vocabulaire. » C’est vraiment émouvant ce bel appel à notre fond judéo-chrétien ! Rappelons que Mme Bombardier a publié Une enfance à l’eau bénite. Manifestement, elle n’en est pas sortie.

Dans un autre article, de l’édition du 30 octobre, sous la plume de Daphnée Dion-Viens, on peut lire, suite aux propos rapportés d’un directeur d’école : « Les enseignants ne comptent pas leurs heures et tout le personnel travaille dans la même direction, dit-il. Même la secrétaire de l’école s’implique comme coach de l’équipe féminine de volleyball ».

Quelques paragraphes plus tard, on apprend que « tous les enseignants dînent à l’école et sont disponibles ou impliqués pendant l’heure du dîner ». Dans un autre article encore, on peut lire « cette école repose avant tout sur une équipe dévouée ». Point de bénévolat, point de salut !

« Ne pas être dans un rapport de force », « du personnel qui travaille dans la même direction », voilà donc l’une des solutions : le vœu d’obéissance.

« Don de soi, généreux de leur temps, disponibles hors des heures de cours, avoir la vocation, ne comptent pas leur temps, dînent à l’école et disponibles, impliqués pendant l’heure du dîner… », voilà l’autre solution : vœu de pauvreté. Voilà comment on fait des miracles…

Demande-t-on des heures supplémentaires, sans les payer, pour la réussite de l’usine, pour s’occuper des patients dans un hôpital, pour que l’épicerie fasse plus de profits, pour que la ville soit déneigée ? Qui accepte ces tâches sans être payé, par vocation ?

Terminée la confrontation entre écoles publiques et écoles privées. On table maintenant sur les qualités exigées des enseignantes et des enseignants – être des béni-oui-oui et travailler sans compter ses heures. Voilà ce qu’il faut pour que les élèves réussissent au Québec !

Sur la hauteur des services disponibles, pas un mot, bien entendu ! Pas besoin de services, ou si peu, quand on a du personnel qui fait 5, 10, 15 heures supplémentaires non rémunérées par semaine. Et, surtout, pas un mot sur la sélection des élèves au privé et pour la majorité des projets particuliers des écoles publiques, qui se trouvent, comme par hasard, en tête de palmarès.

Le discours change. Toutes les têtes se tournent maintenant vers le personnel de l’éducation. La réussite des élèves, tant à l’école privée que publique, ne semble plus tenir à la sélection des élèves, mais bien à la sélection d’un personnel dévoué.

Ce discours se veut flatteur, mais il cache le poids invisible des soutanes et des cornettes.

Mireille Proulx
Coordonnatrice


 

Images : Wavebreak Media Ltd et Elnur Amikishiyev


Titres tapageurs




En cette semaine de la Journée mondiale des enseignants (5 octobre), le Journal de Montréal a décidé de se payer la traite, une fois encore, en titrant en page couverture « Diplômés et analphabètes ». Contrairement à ce que nous aurions pu appréhender, les mots enseignantes ou enseignants n’apparaissent pas dans les articles. Mais il ne faut pas se leurrer, une critique pernicieuse sous-tend les titres et les articles.

On débute avec madame Castonguay, directrice du réseau des CFER, qui se souvient d’un élève qui ne savait pas écrire son nom de famille. Bien sûr, c’est le titre de l’article où cette dame donne son avis. Elle laisse également entendre, sous la plume de Daphnée Dion-Viens, que « pour obtenir un certificat de formation préparatoire au travail (FPT), il suffit de faire 900 heures de stages en milieu de travail, peu importe le niveau scolaire de l’élève ».

Quand on consulte le régime pédagogique, on lit à l’article 23.4 que « l’élève peut être admis à la formation préparatoire au travail s’il n’a pas atteint les objectifs des programmes d’études de l’enseignement primaire dans les matières langue d’enseignement et mathématique ».

On peut aussi constater que la FPT comprend deux volets : formation générale et formation pratique.

1450 heures sont accordées à sept matières obligatoires dont la langue d’enseignement, la langue seconde, les mathématiques, la géographie, l’histoire et l’éducation à la citoyenneté, pour ne nommer que celles-là.

S’ajoutent à cela, effec-tivement, 900 heures de stages, 200 heures consacrées à la préparation au marché du travail et 150 heures à la sensibilisation au monde du travail. Comme on peut le constater, il y a toujours moyen de déformer la réalité en taisant les informations qui font notre affaire.

Tout à côté de cet article, un autre nous permet de comprendre ce qu’est être analphabète. On y apprend, entre autres, qu’au Québec, 53 % des Québécois de 16 à 65 ans ont de la difficulté à comprendre un texte écrit. On nous indique que les statistiques proviennent d’une grande enquête internationale.

16 à 65 ans ? Ouf, ça en fait des programmes, des régimes pédagogiques au fil des années et des décennies ! Si je compte bien, certains ont donc commencé leur primaire autour de cinq ou six ans, il y a 60 ans de cela. L’analphabétisme n’est donc pas un nouveau problème et son importance est indéniable. C’est pourquoi plusieurs générations s’y sont attaquées.

Deux autres articles racontent les histoires de deux jeunes hommes, l’un souffrant de dysphasie et l’autre d’un trouble du déficit de l’attention. Tous deux ont obtenu un certificat de formation préparatoire au travail, mais sont aujourd’hui déçus de leur passage au secondaire. Nulle part dans les articles, on ne mentionne que ce parcours est offert aux élèves ayant au moins 15 ans au 30 septembre.

Mais surtout – et insistons sur ce point – pas un mot sur l’offre de services qui ne répond pas aux besoins de plus en plus grands des élèves. Pas un mot sur les coupures que connaît le réseau scolaire depuis nombre d’années. Pas un mot sur le combat mené l’an dernier par le personnel de soutien, les enseignantes et enseignants et le personnel professionnel pour décrier le manque de services. Pas un exemple !

Pourtant, un appel aurait suffi. Prenons une école favorisée. 500 élèves. Combien y trouve-t-on de techniciennes en éducation spécialisée ? Une ! Des élèves qui présentent le spectre de l’autisme, il y en a; des élèves intégrés, il y en a; des urgences, il y en a, tous les jours, tous les jours. De plus, on délègue très souvent aux techniciennes la responsabilité du programme de lutte contre la violence et l’intimidation pour l’ensemble des élèves de l’école.

Les programmes sont imposés par le gouvernement, les sommes investies pour les services aux élèves aussi. Les gros titres ne font pas toujours la nouvelle.
 

Mireille Proulx
Coordonnatrice


Le Parti libéral veut « faire avancer le progrès ». Ouf!

 

 

Je suis inquiète. Le Parti libéral du Québec tient, cette semaine, son 4e Forum des idées pour le Québec intitulé Des politiques sociales pour le 21e siècle. Oui, oui, vous avez bien lu ! Après avoir sabré dans plusieurs programmes importants composant le filet social que s’était donné le Québec, ce parti veut maintenant réfléchir sur ceux-ci.

Quelle hypocrisie, quand même !, que d’aborder ce thème après avoir coupé des milliards dans les services publics et plusieurs programmes sociaux.


Coupures

En éducation, on se rappellera que c’est près d’un milliard qui a été coupé ces dernières années. Au moins nous avons été capables de récupérer plusieurs dizaines de millions lors des dernières négociations.

Ces coupures importantes ont eu un impact sur l’aide alimentaire, les bibliothèques scolaires, les services aux élèves, la francisation, pour ne nommer que ceux-là. Et tout cela sans compter les frais demandés aux familles pour envoyer leurs enfants à l’école que l’on dit obligatoire et gratuite pour tous.

Moins d’argent pour les ventres vides, moins de livres pour regarnir les bibliothèques d’une jeunesse que certains disent moins portée sur la lecture, des services qui ont diminué comme peau de chagrin, des classes de moins en francisation, malgré l’arrivée de nouveaux immigrants, bref, il est difficile ici de parler de justice sociale.

En santé, ce gouvernement continue de permettre l’installation d’un système à deux vitesses : l’un pour les mieux nantis qui peuvent payer et un pour les autres. Rappelons-nous qu’en CHSLD, un bain par semaine est suffisant, selon le bon docteur Barrette. Pour en avoir un ou deux de plus, certains en sont maintenant rendus à mettre en place des campagnes de socio-financement !

Mais au-delà de l’éducation et de la santé, tous les secteurs ont été touchés: sécurité alimentaire, électricité, services de garde, environnement, logement, culture, services aux personnes ayant des limitations fonctionnelles, transport, aide à l’emploi, aide sociale… Ce faisant, cela porte atteinte à l’équité entre les hommes et les femmes. 


Papa Blais

Le paternalisme de monsieur Blais s’était manifesté quand il était ministre de l’Éducation avec sa déclaration voulant « qu’en expulsant des étudiants, on fait réfléchir les autres. On fait ça quand on veut corriger un comportement ».

Le voilà qui récidive en tant que ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale en proposant, pour ceux qui refuseraient une évaluation, de couper en partie leur chèque. Devant le tollé qu’il a suscité, il a plutôt proposé de retenir le chèque. Pour le ministre Blais, une seule voie possible, on punit, ça donne l’exemple. Alors, réfléchir sur les politiques sociales…


Faire avancer le progrès (sic) !

Nous pouvions lire la semaine dernière sur la page d’accueil du 4e Forum des idées que cette réflexion pourrait servir à « faire avancer le progrès de la justice sociale au Québec » ! Comme il n’y a pas eu de progrès au cours des derniers mois, voire des récentes années, j’ai bien peur qu’il ne se passe pas grand-chose prochainement !

Mais outre le fait que ce soit un pléonasme gênant, disparu cette semaine et remplacé par une vidéo du premier ministre Couillard, sa conclusion ne m’apparaît pas plus sécurisante… « On veut jaser ensemble de politiques sociales pour faire le lien entre la croissance économique, la prospérité et la justice sociale. » Qui va l’emporter, selon vous ? La négociation est terminée, mais la justice sociale demeure toujours un enjeu pour lequel il faut se battre et se faire entendre.

 

On vous attend en grand nombre ce vendredi !

Le Syndicat de Champlain vous attend donc nombreux, ce vendredi 23 septembre à 17 h 45, au collège Champlain (900 Riverside, à quelques pas du métro Longueuil) pour accueillir le Premier ministre et plusieurs de ses ministres avec une manifestation festive. Un lunch sera servi sur place. Détails et inscriptions ici.

Mario, le démagogue


Le début de l’année scolaire, le retour dans l’actualité du projet de loi 105 et une nouvelle politique québécoise en éducation qui pointe à l’horizon semblent avoir ravivé l’appétit de Mario Dumont pour l’abolition des commissions scolaires, comme en témoigne son billet dans le Journal de Montréal publié le 27 août dernier. 

Cette fois, il ajoutait même qu’elles nuisaient à la réussite scolaire !


Relayer les idées de l’IEDM, vraiment ?


Reprenant l’argumentaire du pamphlet idéologique de l’Institut économique de Montréal paru la même semaine sur ce sujet, il soutient que ce sont les écoles qui devraient se porter responsables de la réussite de chaque enfant, et non pas les commissions scolaires. 

« Une commission solaire se contentera de mettre en place des processus, en s’assurant que les lignes d’autorité soient assez floues pour que personne ne soit responsable de rien », écrit-il.

C’est, il faut le reconnaître, une belle façon de désincarner chacune des écoles dans la structure actuelle. 

C’est également une façon plutôt insidieuse de laisser croire que les directions et le personnel de l’éducation ne se sentent pas responsables des élèves qui leur sont confiés, qu’ils n’ont pas à cœur leur réussite.

Donc, si je comprends bien, quand l’école aura l’entièreté des pouvoirs, alors seulement, directions et personnel se sentiront responsables des enfants en face d’eux… On repassera pour la reconnaissance du professionnalisme de celles et ceux qui font l’école ! 

Sans compter que le plaidoyer de M.Dumont esquive complètement la notion d’équité des services pour l’en-semble des écoles que permet une structure intermédiaire comme les commissions scolaires et, donc, l’égalité des chances pour toutes et tous.


Parler d’un côté de la bouche


Enfin, M. Dumont se fait plaisir, une fois de plus, en comparant les écoles privées aux écoles publiques: « L’analyse s’appuie sur l’exemple des écoles privées qui fonctionnent de façon autonome et qui ne font pas partie d’une commission scolaire. Et ça marche ». Quand on compare le système public aux écoles privées, il importe de mettre toutes les cartes sur la table, ce qu’il ne fait pas. 

Il est utile de rappeler ici, par exemple, que l’étude « Le financement public de l’enseignement privé » (2014), commandée par la Fédération des commissions scolaires du Québec, démontrait que les écoles privées sont financées à 60 % par les fonds publics. « Les sources de financement des établissements privés, les revenus spécifiques et les dons représentent des revenus annuels de l’ordre de 20 %. » À cela, il faut ajouter les frais d’inscription. 

Ah oui, et quelle est la proportion d’élèves en difficulté dans les écoles privées déjà M. Dumont ?

Étrange aussi ce silence sur le fait qu’en 2012-2013, plus de 700 bâtiments du réseau public étaient situés en milieux défavorisés alors que le réseau privé n’y comptait aucune école. Pousse, mais pousse égal Mario…

Parlant d’écoles privées, vous avez certainement vu circuler le Palmarès des résultats des écoles primaires publiques aux examens du ministère, il y a deux semaines. Je fais ici un petit clin d’oeil à la Commission scolaire Marie-Victorin qui a fourni les résultats, tout en choisis-sant de ne pas nommer les écoles et de leur donner plutôt un numéro.

 

Photos : 
Martin C. Barry (Marty555)
et Collegebrebeuf
 

La grogne

 

Tiens, tiens, tiens ! Le besoin d’un caucus extraordinaire s’est fait sentir chez les députés du Parti libéral du Québec. Bien entendu, avant même qu’il ait lieu, le premier ministre Couillard s’est empressé de nous dire qu’il n’y avait aucune discorde au sein des Libéraux.

Pourtant, plusieurs coins retroussent ! Certains peuvent paraître peu écornés, mais d’autres le sont dangereusement. Mais tous, autant qu’ils sont, ont fait réagir et exercé de la pression sur plu-sieurs des élus libéraux, dans chacun de leur patelin. Les questions des citoyens deviennent plus pressantes et sont légitimes. La grogne se fait donc maintenant entendre.

Les anciens ministres libéraux, qui ont été arrêtés, ont ramené à notre mémoire la Commission Charbonneau et les horreurs que nous y avons entendues. Monsieur Couillard a beau tenter de se dissocier de son propre parti, parce que ça se passait avant qu’il soit Premier ministre, ces scandales le rattrapent et reviennent sur la place publique comme un mal incessant.

Sam Hamad, dont l’éthique a été mise en cause, et qui s’est retiré en Floride pour refaire le plein d’énergie, a fait jaser une fois de plus la population québécoise. La Commission Charbonneau est terminée, mais…

Le ministre Poëti, que le Premier ministre a rétrogradé au rang de simple député pour avoir tenté de passer un coup de balai au ministère des Transports du Québec – comme nous l’avons compris plus tard – a défrayé les manchettes pendant plusieurs jours. Ce qu’on a appris par la suite sur ce qui semble encore être pratique courante au MTQ en a fait sourciller plusieurs. La juge Charbonneau reprendra peut-être du collier !

Dernièrement, l’histoire de François Marcotte en a touché plusieurs. Une douche par semaine, voilà ce que peuvent recevoir les bénéficiaires en CHSLD. Monsieur Marcotte a lancé une campagne de sociofinancement pour pouvoir s’en payer une ou deux autres par semaine…

Baisse de services égalerait-elle coupures en santé ? Dans le Journal de Montréal du 28 mai dernier, on peut lire sous la plume de Joseph Facal : « Le ministre Barrette explique qu’il n’y a pas, quant au nombre idéal de douches hebdomadaires, de preuve scientifique qui pourrait servir à établir une ‘‘norme’’ ». Tout s’explique ! Mais les libéraux ne sentent pas meilleurs pour autant…

Volte-face en éducation ! À la poubelle le projet de loi 86 ! Une fois de plus, on a entendu de Philippe Couillard, non pas un mea culpa, mais une glorification de son parti qui se serait rendu compte (une fois la négo passée…) qu’on devait arrêter de parler structures !

Petit moment de réjouissances, puis est apparu un énoncé de politique axé sur la réussite scolaire. Énoncé reprenant des éléments du programme de la CAQ en éducation et des demandes patronales laissées en plan lors de la dernière négo – évaluation du personnel, ordre professionnel, pour ne nommer que celles-là.

Serons-nous consultés plus que nous l’avons été, lors de l’annonce du report de la réforme de l’enseignement de l’histoire du Québec et du Canada ? On verra. Pendant ce temps, n’attendant pas d’être sollicités, on apprenait dans le Journal de Montréal que des experts et universi-taires avaient pris l’initiative d’envoyer une lettre au ministre Proulx. Ils appuient, y apprend-on, une majorité des éléments qui se trouvent dans l’énoncé.

Toutefois, la création d’un ordre professionnel et la décentralisation n’ont pas fait l’unanimité et ne se trouvent donc pas mentionnées dans cette lettre… Et on y ajoute que ça prendra un réinvestissement de plus d’un milliard. Tiens donc !

Et, encore cette semaine, sous la plume de Daphnée Dion-Viens, dans le Journal de Montréal, on peut lire que les compressions en éducation ont touché les services de francisation. Le budget a diminué de 37 % dans une commission scolaire, de 41 % dans une autre, de 20 % ailleurs. Bref, c’est inégal d’une commission scolaire à l’autre. Mais ce qui est certain, c’est que les coupures touchent les services et c’est mentir d’affirmer le contraire.

Quand on pense au Parti libéral, coupures, compressions, manque de transparence, Commission Charbonneau, improvisation sont des mots qui reviennent souvent. Des députés commencent à en avoir marre de la nonchalance affichée par le Premier ministre et les scandales qui éclatent jour après jour.

1 milliard

 

Bombardier, fleuron du Québec, gros joueur dans l'aéronautique, a fait les manchettes ces derniers jours. On a effectivement appris que cette compagnie a quelques problèmes dans l'une de ses divisions - des problèmes financiers de l’ordre de quelques milliards et même sans lire entre les lignes des problèmes de gouvernance.

Mais qu’à cela ne tienne, le gouvernement du Québec investira un milliard de dollars américains (1,3 milliard canadiens) mais pas réellement dans Bombardier. «Le pire, c’est que le gouvernement libéral met de notre fric pas dans Bombardier, mais dans une co-entreprise qui contrôlera uniquement le canard boiteux de la CSéries dans laquelle aucune firme étrangère n’a voulu investir en raison des immenses risques de ce projet débile, dont la dernière en liste (sic) est la transnationale franco-allemande Airbus […]» peut-on lire sur le blogue de Léo-Paul Lauzon dans le Journal de Montréal.

Bien que le projet de loi n’ait pas été déposé, la patience du gouvernement envers la gouvernance des commissions scolaires n’a pas été à la même hauteur que celle pour la famille Beaudoin qui dirige Bombardier !

Dans un cas, on donne un milliard, dans l’autre, on a enlevé un milliard canadien durant les cinq dernières années. Si j'étais mauvaise langue, je penserais que le milliard coupé en éducation depuis cinq ans a trouvé preneur.

« Les milliers d'emplois qui sont maintenus, qui sont consolidés dans une filière importante pour le Québec comme l'aéronautique, c'est la base, le socle sur lequel on est capable d'avoir des revenus avec lesquels on finance les services publics. » de dire Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor sur Ici.Radio-Canada.ca le 29 octobre dernier.

Dois-je comprendre que les travailleurs de Bombardier sont des contribuables qui paient des impôts qui permettent de financer les services publics mais pas les travailleurs des secteurs public et parapublic ? Y a-t-il deux catégories de payeurs de taxes et d’impôts ? Certains qui méritent le respect du gouvernement et d’autres non ?

On apprend, ce 2 novembre, que les 4700 employés de Bombardier recevront une augmentation de salaire de 6% sur quatre ans qui apportera ainsi certainement plus d’impôts dans les coffres. Il me semble que 400 000 travailleurs recevant une augmentation de salaire honnête rapporteraient également des recettes fiscales importantes pouvant financer les services publics.

« [...] Alors, il y a beaucoup d'efforts qui ont été déployés à juste titre quand l'industrie automobile était en difficulté, il est tout à fait normal que l'État s'implique également dans un secteur aussi stratégique pour le Québec. » disait Philippe Couillard à Ici.Radio-Canada.ca

En admettant que ce soit vrai, et parlant de secteur stratégique, le secteur qu’est l’éducation ne mériterait-il pas, au même titre, une injection subtantielle de l’ordre d’un milliard ? On parle ici de l’éducation des élèves actuels et des futures générations. On parle ici de futurs citoyens qui auront à prendre leur place dans la société et à qui on doit offrir dès aujourd’hui les outils, les moyens pour le faire.

Les travailleurs des secteurs public et parapublic méritent des conditions de travail décentes, plus de 3% d’augmentation salariale sur cinq ans au même titre que les travailleurs de Bombardier. Nous ne méritons pas moins de considération parce que nous ne travaillons pas pour le privé. Que nous travaillions au privé ou au public, l’apport et la reconnaissance de chacun par le gouvernement ne doit pas dépendre du choix de carrière que nous avons fait.

 

 

Éléments du photomontage : Yan Gouger et depositphotos.com/epridnia

 


 

Ouvre la bouche, je sais ce qui est bon pour toi !


Je te dirai tout : où, quoi, quand, comment, avec qui

Alors que, de notre côté, nous indiquons que le problème, c’est la lourdeur de la tâche, pour la partie patronale, c’est strictement une question de temps.

La solution ? Augmenter notre temps de présence dans les établissements à 35 heures! Et fantasme suprême, nous assigner chaque minute de celles-ci.

 

Vilains ratios

La partie patronale n’aime pas les ratios du 2e et 3e cycles du primaire et du 1er cycle du secondaire.

Ils aimeraient grossir ceux-ci car ils préfèreraient offrir plus de services !! Oui, oui, vous avez bien lu. Avec le dernier budget Leitão, je pense qu’ils nous prennent pour des valises.

Où ça des EHDAA ?

Alors que nous voulons regrouper les sommes allouées pour les EHDAA dans une seule annexe, garantir les services, ajouter les TC à la pondération à priori et prioriser l’ouverture de classes spéciales, la partie patronale nous a fait comprendre que nous avions tout faux.

La solution ? Abolir les annexes ou l’entente de juin 2011 qui prévoient les ressources en question.

Oh ! Toi ! Ma belle annexe XII

La partie patronale veut plus d’ententes au niveau de l’école, elle veut donc donner plus de poids à l’annexe XII, cette annexe qui permet de mettre en place des projets particuliers si un certain nombre d’enseignantes et d’enseignants disent oui.

Deux demandes de la partie patronale :
-Revoir à la baisse le pourcentage des personnes qui doivent dire oui !

-Ajouter des sujets où chaque école pourrait faire différemment de sa voisine :

  •  période de repas

  • tâche des spécialistes

  • entrée progressive (l’abolir dans un premier temps et discussion au niveau de chacune des écoles, là où les directions accepteront, bien sûr, d’aborder le sujet)

  • Les motifs de dépassement (sentez-vous la pression pour ajouter un, deux, trois élèves dans votre classe ?)
    etc.

C’est assez facile à comprendre... Plus les écoles seront différentes dans leur façon de faire, moins elles pourront agir ensemble.

 

Je te coupe les vivres et je te rends imputable

La partie patronale veut introduire dans la convention collective, notamment, des principes prévus à la Loi de l’instruction publique en ce qui concerne particulièrement les obligations de l’enseignante et de l’enseignant liées au projet éducatif, au plan de réussite, etc.

« Tes élèves ne réussissent pas comme le % aléatoire que je vous ai imposé en début d’année. Louis sera donc ton mentor lors de la prochaine étape parce que c’est de ta faute si tes élèves performent si peu. Des services pour Léa, Kevin et Frédéric ? Il n’y a pas d’argent pour ça, c’est toi le service. »

 

Maintenant que tu es imputable, je vais t’évaluer

La partie patronale veut ajouter des éléments à la fonction générale des enseignantes et enseignants par rapport aux douze compétences professionnelles élaborées par le MELS en 2001, dont la participation à la vie de l’école, l’adaptation des pratiques pédagogiques, l’utilisation des outils pédagogiques, etc.

Bien entendu, si on retrouvait ces éléments dans notre fonction générale, nous y serions contraints. L’autonomie professionnelle ?

 

Viens ici que je te forme !

Qui de mieux que nos directions d’établissement pour nous dire nos besoins ?

1. Ils voudraient que nous nous engagions à nous investir dans notre déve-loppement professionnel.

2. Ils veulent une définition plus large de ce dernier qui leur permettrait de nous obliger à certaines lectures, à du mentorat, etc.

3. Ce perfectionnement se ferait tant au niveau individuel que collectif.

4. Sur le volet individuel, le processus doit démarrer à partir d’un bilan des compétences professionnelles, avec une identification des besoins de développement.

5. Bien entendu, tout cela ne peut se faire sans un mécanisme de suivis pé-riodiques. En ces matières, la décision de la direction est prépondérante. C’est un processus de reddition de comptes.


On continue d’ignorer le personnel de soutien

Des rencontres ont également eu lieu pour le personnel de soutien. Toutefois, bien qu’il y ait eu 10 rencontres, les présentations des demandes, de part et d’autre, ne font que commencer.

Malheureusement, lors des premières rencontres, le rythme était très lent, et soyons clairs, le rythme de croisière n’est pas encore atteint...

Alors que le Conseil exécutif de la FPSS avait enfin réussi à avoir une rencontre avec le ministre Bolduc, il a démissionné...

Le ministre Blais a bien vu ça dans l’agenda de Monsieur Bolduc, mais il n’a pas encore daigné communiquer avec la FPSS pour offrir une nouvelle rencontre.

Le Conseil fédéral du personnel de soutien a lieu cette semaine, nous en saurons peut-être un peu plus.

Nos dirigeants veulent que nous soyons de bons petits soldats qu’ils vont gérer, parce qu’eux, c’est connu, l’enseignement, ils connaissent ça !

 

Mireille Proulx
Coordonnatrice




Encore des coupes en éducation


Voilà, le budget a été déposé et les rumeurs se sont confirmées. Qui paiera pour l'atteinte du déficit zéro ? Encore une fois, comme par le passé, les secteurs de la santé et de l'éducation et par le fait même les patients et les élèves.

Vous trouvez que les heures d'attente sont longues et douloureuses dans les urgences des hôpitaux du Québec ? Vous trouvez qu'il est difficile d'entrer dans le système pour y être soignés ? Avec les coupures annoncées par le ministre Leitao hier, les choses ne s'amélioreront pas !

Malgré les dires des ministres de l'éducation qui se suivent et se ressemblent, et qui tentent de nous faire croire que malgré les coupures des dernières années, les services aux élèves ne sont pas touchés, nous, qui travaillons dans les établissements, avons pleinement conscience que ceux-ci rapetissent comme peau de chagrin.

Mais avec ce nouveau budget, qu'en sera-t-il l'an prochain ? Sous la plume de Denis Lessard dans lapresse.ca on pouvait lire, moins d'une heure après le début de la présentation du 2e budget du gouvernement libéral que «Pour la santé et l'éducation, les compressions seront cette année deux fois plus douloureuses que l'an passé.»

Deux fois plus douloureuses que l'an dernier ! Ça veut dire quoi ? Environ 12 millions de moins pour la commission scolaire Marie-Victorin, 10 millions pour celle de Des Patriotes et entre 3 et 4 millions pour La Vallée-des-Tisserands. À ce rythme-là, ce n'est pas compliqué, les concierges devront fournir leur moppe, les enseignants, les cahiers d'exercices des élèves, les secrétaires, leur ordinateur !

J'ai carrément des haut-le-cœur ! Quel profond mépris pour toutes les personnes qui œuvrent en éducation. Quel mépris aussi pour la jeunesse québécoise qui sera la première à payer pour ces coupures qu'elle ressentira nécessairement. Et quel mépris de ce gouvernement, une fois de plus, pour des emplois principalement détenus par des femmes.

Ce gouvernement semble, bel et bien, avoir décidé de détruire la qualité des services publics. Certes, ils existeront encore mais ressembleront-ils à la parodie du Bye Bye 2014 ? Nous entendrons et lirons probablement dans les jours à venir que les coupures toucheront l'administration... Personne n'est dupe, ce qu'il y avait à être resserré à ce niveau l'a été. La prochaine étape risque fort de toucher le vrai monde.

Les syndicats décriaient déjà les baisses d'heures dans différents corps d'emploi pour le personnel de soutien, que l'on pense aux concierges, aux techniciennes en éducation spécialisée pour ne nommer que ceux-là.

Comme en 1996, sous Lucien Bouchard, alors que ce dernier voulait aussi atteindre le déficit zéro, verrons-nous encore une baisse drastique des bibliothécaires, des orthophonistes, des psychologues faute de moyens ?

Les ratios de classe redeviendront-ils ce qu'ils étaient il y a quelques années ? C'est le moyen pour diminuer le nombre d'enseignantes et enseignants.

D'un autre côté, toujours sous la plume de monsieur Lessard, on pouvait lire dans les points saillants du budget que «Les entreprises verront leur fardeau fiscal allégé, mais progressivement au cours des cinq prochaines années, pour atteindre au total une baisse de 504 millions d'ici 2020. Le fardeau fiscal des PME devrait avoir chuté de 31 millions en 2020. Le taux d'imposition des entreprises sera revu à la baisse, en vue de stimuler l'investissement.»

Encore une fois, on voit là un autre gouvernement qui préfère soutenir et enrichir les entreprises plutôt que d'investir dans l'éducation des générations à venir et la santé de sa population.

Les mois qui viennent seront importants au niveau de la mobilisation tant comme travailleuses et travailleurs que comme citoyennes et citoyens. La pression des actions dans nos milieux et dans la rue de même que des intentions de vote à la baisse peuvent changer le cours des choses.



Mireille Proulx
Coordonnatrice


Photo du montage : depositphotos.com


Journées de maladie, retraites, rémunérations, tout y passe !

 

Fort justement, lors de la dernière rencontre des personnes déléguées à St-Hubert, notre président, Éric Gingras, prévenait l’assemblée que nous aurions droit dans les jours et semaines à venir à du « syndicat bashing ».

Déjà, durant la semaine de relâche, nous en avons eu de bons exemples. Il y a eu madame Bonheur dont les nombreuses journées de maladie en banque lui ont permis de quitter plus tôt pour la retraite.

Deux choses là-dedans. Premièrement, la dame n’a volé personne ! Elle s’est simplement prévalue d’une clause de sa convention collective négociée avec la partie patronale.

Deuxièmement, on ne fait pas dans la dentelle avec les employés de l’État. On regroupe frauduleusement toutes les conventions dans une seule, et on omet de spécifier que, pour certaines catégories de personnel, comme les enseignantes et enseignants, il y a six journées de maladie par année, dont seulement cinq sont cumulées, si elles ne sont pas utilisées.

De plus, le journaliste s’est bien gardé de dire que cette banque de journées de maladie est le résultat d’une négociation antérieure, à une époque où le gouvernement, ne voulant plus payer les journées à chaque année, préférait pelleter par en avant.

Même chose pour notre régime de retraite. Lorsque le gouvernement en parle, il semble quasi déficitaire et est comparé à un gouffre dans lequel les générations futures ne pourront que s’enliser.

Or, il n’en est rien ! Notre régime est en très bonne santé financière. Sa capitalisation est présentement à 96 % et atteindra près de 100 %, selon des données qui seront bientôt officialisées.

On se souviendra aussi que le Rapport D’Amours, qui interrogeait la capitalisation de certains régimes de retraite municipaux, excluait le RREGOP.

Enfin, dernier incontournable, on martèle que le 1 % d’augmentation coûte un milliard de dollars aux contribuables. Soyons clair, il y a un grand secret caché à la population par le gouvernement. Les 400 000 travailleurs de l’État sont aussi des contribuables et ils paient des impôts ! Une partie de l’augmentation de salaire retournera donc dans les coffres de l’État.

De plus, un milliard $ pour 400 000 personnes, c’est 250 $ par année d’augmentation. Comme il y a 365 jours dans une année, faites le calcul de l’augmentation quotidienne !

 

Le 2e round est commencé

Lors du 1er round, le gouvernement libéral a frappé à répétition et a tenté de nous mettre K.O. Toutefois, c’était sans compter sur l’opinion publique. Flexibilité tout azimut pour le personnel de soutien, augmentation des ratios de classe pour les enseignants, 3 % d’augmentation sur cinq ans pour tout le monde, voilà des récupérations patronales qui n’ont convaincu personne.

L’arrivée du nouveau ministre de l’éducation, François Blais, a été accompagnée d’une stratégie de marketing. À lire les portraits du ministre, nous nous retrouverions avec un homme de gauche en éducation !

Depuis son arrivée, nous n’entendons plus parler des problèmes en éducation. La raison en est fort simple et n’a rien à voir avec les supposées valeurs du nouveau ministre. Économiser sur le dos des élèves ne passe vraiment pas la rampe dans l’opinion publique.

Au cours des prochaines semaines, les chiffres seront à l’honneur. La rumeur veut que le gouvernement aille de l’avant, par décret, avec son projet de fusions des commissions scolaires. On lancera toutes sortes de chiffres sur les économies réalisées.

Le budget du gouvernement sera déposé le 26 mars. Là encore, le discours sera axé sur l’ampleur des dépenses en santé et en éducation, mais en omettant de parler des avantages d’avoir une population qui a accès à des services de santé et d’éducation de qualité.

Dans ce 2e round, on tentera de discréditer les syndicats, les travailleuses et travailleurs de la fonction publique et parapublique, et il y aura beaucoup de démagogie sur les milliards que nous coûtons !

Mais, on se montrera discret sur les milliards de dollars placés dans les paradis fiscaux. Entre 20 000 et 30 000 milliards $ à travers le monde ! 170 milliards $ auraient échappé ainsi au trésor public canadien seulement pour 2013 !

 


Le nouveau ministre de l'Éducation a-t-il les coudées franches ?

Était-ce un cadeau de semaine de relâche ? En tout cas, une chose est certaine, le monde de l'éducation n'est plus sous la gouverne de celui qu'on appelait, il y a quelques jours encore, le ministre Bolduc.

Le 26 février dernier, nous apprenions sa démission et aussi... l'encaissement d'une prime de départ s'élevant à quelque 155 000 $ ! Quand on sait qu'il avait eu une prime de 215 000 $ alors qu'il était simple député, parce qu'il avait accepté de prendre 1 500 patients (à temps perdu, j'imagine), ça commence à faire un beau pactole.

Mais ce n'est pas tout ! Il pourrait demander encore une prime qui, elle, pourrait s'élever jusqu'à 60 000 $ en réclamant de 25 $ à 200 $ pour chacun des patients qu'il prendra en charge dans les mois à venir. N'est-ce pas extraordinaire ?

Pendant ce temps, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, disait de nouveau cette semaine devant la Chambre de commerce et d'industrie de Laval que les offres de 3% d'augmentation sur cinq ans aux syndiqués de l'État étaient «raisonnables» compte tenu du contexte économique. Je me trompe ou on pourrait parler ici de deux poids deux mesures ?

Et tout ça, sans compter que l'ex-ministre Bolduc n'a jamais donné l'impression d'avoir fait ses devoirs dans le dossier de l'éducation. Certes, ce n'était pas le ministère qu'il voulait, s'étant fait damer le pion par Gaétan Barrette pour le ministère de la Santé, mais quand même, on se serait attendu à un peu plus de professionnalisme.

Mais peut-être que je fais erreur. Peut-être n'a-t-il jamais eu son mot à dire dans la réforme de l'éducation qui s'annonce. Peut-être en était-il seulement le porte-parole ? Et à ce niveau, pas de doute, il n'avait pas les compétences!

C'est d'ailleurs ce qui m'inquiète, le droit de parole.

Il est certain que le nouveau ministre de l'Éducation, François Blais, ancien doyen de la faculté de sciences sociales de l'Université Laval et Docteur en philosophie connaît, lui, l'éducation. C'est déjà ça de pris !

Mais a-t-il une vision réaliste du parti dans lequel il s'inscrit ? On pouvait lire dans La Presse du 28 février, sous la plume de Tommy Chouinard, un portrait fort intéressant de Monsieur Blais : «Quand je l'ai félicité de son élection, raconte Georges Leroux, je lui ai passé la remarque :''Espères-tu quelque chose du Parti libéral ?'' [...] il pensait que, oui, le parti libéral pouvait retrouver les véritables fondements de l'option libérale.»

Il me semble que présentement, avec les Couillard, Coiteux, Daoust, Barrette, pour ne nommer que ceux-là, nous sommes très loin des valeurs fondamentales libérales. Je dirais que ce parti ressemble plus à un parti conservateur.

Toujours dans le même article, Chouinard nous apprenait que «Comme le philosophe belge Philippe Van Parijs, dont il est proche, il appartient au courant de ''l'égalitarisme de gauche''» . Le politicologue Guy Laforest dit quant à lui : «François Blais se situe au centre gauche. [...] On y valorise l'égalité des chances, la redistribution de la richesse, sans renier la priorité des libertés fondamentales».

Surprenant n'est-ce pas ? Ce qui reste à savoir, c'est dans quelle mesure ce nouveau ministre de l'éducation a-t-il le droit de mener sa barque dans ce gouvernement? Le fait que le Premier ministre Couillard a restreint grandement la liberté de parole de ses ministres dernièrement nous permet d'en douter.

François Blais croit-il que la diminution du nombre de commissions scolaires améliorera l'éducation au Québec ? Qu'on y fera réellement des économies ? Croit-il que d'augmenter le nombre d'élèves par classe permettra une plus grande réussite des élèves ? Ne plus coder les élèves HDAA en croyant que la disparition du code fera également disparaître leurs problématiques, est-ce là, aussi la pensée magique du nouveau ministre ?

Saura-t-il défendre ses valeurs et tenir tête à Philippe Couillard qui disait la journée même de l'assermentation de François Blais : «Il devra simplifier le réseau, réduire la bureaucratie, rendre les écoles plus autonomes et favoriser la persévérance et la réussite scolaires.» Ce nouveau ministre de l'Éducation a-t-il réellement les coudées franches ?

 

Mireille Proulx
Coordonnatrice 

 

Photo : Radio-Canada


 

Une première action de mobilisation!

Au nom du gouvernement, le ministre Coiteux, avec son p’tit air baveux, est venu nous dire, à la veille du congé des Fêtes, que nous ne méritions pas plus que 3 % d’augmentation de salaire sur cinq ans. Que les enseignantes et les enseignants devraient travailler plus d’heures, sans augmentation salariale. Que les statuts d’emploi chez le personnel de soutien devraient être revus afin d’en réduire le nombre. Que le 50 kilomètres serait chose du passé, etc., etc.

Autrement dit, les Couillard, Bolduc et Coiteux s’en sont donné à cœur joie et se sont payés un joyeux party de Noël sur notre dos !

Mais le party est fini ! Nos vis-à-vis patronaux doivent savoir que nous avions l’œil tout grand ouvert pendant la période des fêtes. Le mépris à l’égard de nos professions et de nos métiers, que nous soyons enseignants ou membres du personnel de soutien, le démolissage de l’école publique programmé, nous l’avons vu, entendu… et bien compris. Notre réponse, c’est : Non ! Et, nous nous tiendrons debout, tous ensemble, pour le dire haut et fort !


En négo, école publique en danger

Aux mois de novembre et décembre, le Syndicat de Champlain a tenu des assemblées générales dans ses cinq sections. Partout, à l’unanimité, le plan de mobilisation a été adopté. Il prévoit que des actions d’intensité différentes auront lieu dès les prochaines semaines. Elles seront en lien avec les différents dossiers traités aux tables de négociations : les conditions de travail, les ratios, la lutte à la précarité, la reconnaissance du travail.

Dès maintenant, le Syndicat de Champlain se met en marche. Pas question de ne pas déjà signifier à nos employeurs immédiats et au gouvernement que nous sommes en mode mobilisation.

Comme vous l’avez remarqué, nous avons changé le bandeau en haut de la première page du journal Le Champlain.

Le même visuel et le même slogan – En négo, École publique en danger – se retrouvent sur notre site web, notre page Facebook et notre compte Twitter. Il vous est possible de le télécharger et d’ainsi l’ajouter sur l’un ou l’autre de vos comptes. Si vous n’êtes pas inscrits sur l’un ou l’autre de ces réseaux, faites-le dès maintenant. Rien de mieux pour vous tenir informés des derniers développements en négo et connaître la réaction de votre Syndicat.

Donc, partout, dans tous les établissements, il faut voir ce visuel, spécifique à Champlain. Il doit devenir un incontournable, un élément rassembleur. C’est d’ailleurs en ce sens que vous recevrez dans vos milieux, dès la semaine prochaine, des affiches à mettre bien en vue dans les salles du personnel.


Premières rencontres de négociations

Le travail aux tables de négociations recommencera autour du 15 janvier prochain. Quelle sera l’attitude de la partie patronale ? Est-elle réellement prête à négocier ? Leurs négociateurs chercheront-ils à étirer la sauce ? Qu’apprendrons-nous de nouveau sur leurs demandes ?

Une chose est certaine, quelle que soit leur façon d’agir ou de réagir, il nous faudra être prêts pour épauler nos négociateurs. En ce sens, nous recevrons donc, de nos instances nationales, une première action à déployer dans nos milieux dès les premiers pourparlers ou quelques jours plus tard. Soyons prêts !

 

Une première action, ensemble

Les enjeux de la prochaine négociation sont extrêmement importants et auront un impact considérable sur nos conditions de travail. Pour y faire face, nous devons être mobilisés et être en action tous ensemble.

C’est pourquoi, le Syndicat de Champlain entend, dès maintenant, passer à l’action. Vous recevrez, par l’entremise de vos personnes déléguées, des autocollants, reprenant le slogan « En négo, École publique en danger ».

 

Première action prévue

Porter fièrement, tous ensemble, l’autocollant Champlain, le lundi 19 janvier prochain.

 

Mireille Proulx 
Coordonnatrice




Et si nous étions des suricates !

Juste un peu avant le congé des fêtes, lors d'un souper, j'ai eu une conversation avec des collègues et nous avons parlé de ces charmantes petites bêtes que sont les suricates ! Je ne me souviens plus pourquoi ils se sont immiscés dans notre conversation, mais je me souviens avoir dit qu'ils seraient un bon sujet pour un texte en ces temps de négo !

Je me souvenais, probablement suite à quelque recherche, lorsque j'étais élève au primaire que les suricates travaillaient ensemble, se protégeaient, etc. Dans mon souvenir, ils avaient le sens de la solidarité !

Ne reculant devant rien, ce matin, au lieu de chercher dans des livres de référence comme à l'époque, je suis allée sur Internet et j'ai tapé suricates. Et mes souvenirs se sont avérés.

Dans un article de l'Encyclopédie Larousse en ligne, tout de suite, j'ai remarqué quelques sous‑titres très à propos en ces temps de négociation et surtout de mobilisation qui commencent : «Une structure sociale fondée sur l'affection», «Un groupe très uni pour mieux se défendre»,« L'union fait la force».

Surprenant, n'est-ce pas ? Bien que je ne veuille insulter personne en nous comparant à ces petites bêtes, avouez qu'il y a des rapprochements à faire avec le syndicalisme !

L'affection surprenante que se témoignent ces animaux resserre les liens entre les individus et assure la cohésion du groupe, élément indispensable de survie [...] En lisant cet extrait, je me suis dit qu'avec les propos de Martin Coiteux, président du Conseil du trésor, qui, on l'a vite compris, n'a aucun respect pour nos professions -que l'on soit du personnel de soutien ou enseignant- il devient encore plus important de prendre soin les uns des autres.

De plus, en temps de mobilisation, la cohésion entre nous est essentielle. Les demandes patronales, le spectre du projet de loi qui visera l'Éducation, s'ils demeuraient tels quels, viendront toucher irrémédiablement nos métiers et l'école publique comme nous les connaissons aujourd'hui. Nous devons être ensemble, unis.

Dans cet environnement hostile, la défense contre les prédateurs nécessite la vie en groupes importants,[...] Tous vivent dans le même terrier et ils sont très solidaires. Nous avons voté un plan de mobilisation, unanimement, à travers l'ensemble des sections qui composent notre syndicat. Dans les prochaines semaines, nous le vivrons, hebdomadairement voire quotidiennement. Rappelons-nous que nous sommes quelque 10 000 personnes à Champlain, 97 000 dans nos deux fédérations (FSE ET FPSS), 200 000 en CSQ, 550 000 en Front commun.

La vue d'un chacal provoque une vive réaction : les suricates se rassemblent en courant, dos arrondi et queue dressée, grimpent sur une éminence, une termitière par exemple, fixent le prédateur et aboient dans sa direction. Le chacal, impressionné par la douzaine de gueules qui lui font face, se retire.

Des noms de chacals me viennent en tête... Mais je préfère retenir l'action commune des suricates. Malgré la grosseur du chacal, parce qu'ils agissent ensemble, les suricates parviennent à le faire abandonner et à protéger leur territoire. Malgré le monstre auquel nous faisons face, il n'y a qu'ensemble que nous pourrons le faire reculer.

L'union fait la force.

 

Mireille Proulx
Coordonnatrice




Les enfants de l'austérité

Colère, écœurement, dégoût... Voilà les premiers mots qui me viennent en tête et qui peuvent se dire publiquement suite au dépôt patronal.

Mépris, arrogance, irrespect... Il n'y a pas d'autres mots pour traduire les demandes patronales. Parce qu'il n'est pas question ici de parler d'offres patronales en réaction à nos demandes. C'est une attaque frontale en bonne et due forme. Ce gouvernement veut écraser les travailleuses et travailleurs œuvrant dans les services publics.

En plus de s'attaquer aux femmes, qui forment 75% de la main d'œuvre, et aux hommes qui ont choisi ces secteurs d'activité, en proposant hier 3 % d'augmentation pour les cinq prochaines années, voilà qu'aujourd'hui le gouvernement Couillard s'attaque aux conditions de travail des enseignantes et enseignants : augmentation du nombre d'heures, assignation de la direction pour l'ensemble de celles-ci, précarité accentuée, pour ne nommer que celles-ci.

Mais ce gouvernement a choisi d'être encore plus odieux en n'épargnant pas les enfants non plus. C'est ainsi qu'on apprend qu'il y aura une hausse du nombre d'élèves par classe pour les 2e et 3e cycle du primaire et pour le 1er cycle du secondaire. Mais en plus, ce gouvernement fait disparaître les moyennes. Bonjour les classes bondées à ras bord.

Et ce n'est pas tout ! Des motifs permettant le dépassement pourraient s'ajouter créant ainsi une augmentation possible du maximum d'élèves par classe. «Allez les amis, poussez, poussez, on va finir par tous entrer dans la classe.»

Et probablement dans un soucis de venir en aide aux élèves, nous retrouverons plus d'élèves en difficulté dans les classes, il sera plus difficile de les faire reconnaître et bye bye la pondération à priori. Il semble surtout que la garantie de service prendra le bord. On peut donc penser que certaines catégories d'emploi du personnel de soutien seront ainsi touchés de plein fouet. Nous attendons toujours le dépôt.

L'entrée progressive rapetissera comme peau de chagrin, les groupes à plus d'une année d'études augmenteront par contre! Et pour aider les enfants qui commencent dans le monde scolaire, la porte est aussi ouverte pour mixer dans ceux-ci les élèves du préscolaire et ceux de la première année.

Et ce ne sont que les prémisses des coups de hache donnés dans notre convention qui nous touchent, certes, mais qui touchent également les enfants et les adultes à qui nous tentons d'offrir des services de qualité.

Il y a eu les enfants de la réforme, réforme que le gouvernement a trafiquée en intégrant les élèves HDAA sans fournir les services aux enfants et aux enseignantes et enseignants. Mais qu'à cela ne tienne, nous les avons menés à bon port parce que toutes les réformes du monde ne peuvent éclipser notre expertise, notre expérience et notre professionnalisme.

Malheureusement, quand sera-t-il des enfants de l'austérité ? Classes bondées, diminution des services, abstraction des difficultés de certains, pour ne nommer que ces premiers impacts, que deviendront ces prochaines générations ?



Mireille Proulx
Coordonnatrice

 

Photo: Clément Allard - Ledevoir.com

 


0 % X 2 ans = 0$

Les oreilles du chat sont sorties du sac. Gel de salaire pour les deux premières années d'une convention collective qui s'échelonnerait sur un quinquennat. Ça m'enrage.

Ce gouvernement a déjà décidé que le supplice durera cinq ans. Mais surtout, il a décidé que les employés de l'État ne méritaient pas d'augmentation salariale pour les deux prochaines années. Et dire que nous n'avons pas encore commencé à négocier.

Il semble que ce soit le cadeau de Noël que le président du Conseil du Trésor annoncera d'ici quelques jours. Méchant cadeau. Et pour nous leurrer, il mettra un chou blanc sur le dessus, 1 % d'augmentation à la fin de la convention en cours. En fait, 1 % que nous avions négocié en 2010.

Denis Lessard explique bien le pourquoi de ce 1 % dans La Presse du 5 décembre. L'entente intervenue en 2010 prévoyait un tel « ajustement salarial » si les augmentations versées dans les cinq ans du contrat s’avèrent inférieures à la hausse cumulative de l’indice des prix à la consommation. Et ce fut finalement le cas.

On comprend donc que nos augmentations salariales des cinq dernières années n'ont pas suivi le coût de la vie. Nous pouvions recevoir, si c'était le cas, jusqu'à 1 %, et nous le recevrons au complet.

Mais comme si ce n'était pas assez, déjà en entrevue, le président du Conseil du trésor a dit que le gouvernement ne sera pas généreux pour les trois autres années et que les augmentations salariales seront de l'ordre de 1 % par année.

Oh, mais il faut se serrer la ceinture, diront certains, le contexte économique est difficile. Je trouve que le contexte économique a le dos large. D'ailleurs, de plus en plus d'économistes, justement, émettent des notes discordantes. On ne relance pas en coupant les services à la population, en coupant les salaires, en coupant les emplois.

Une fois de plus, quand on écoute Martin Coiteux, traiter ainsi avec mesquinerie les employés de l'État, on comprend que ce gel permettra au gouvernement de garder dans ses coffres 689 millions juste pour 2015-2016. C'est un gros chiffre 689 millions, ça impressionne, mais ça cache surtout une façon de penser.

Moins d'État, moins d'État, moins d'État. Parce qu'au bout du compte, ce gouvernement ne veut pas tant économiser pour atteindre le déficit zéro, l'équilibre budgétaire, être équitable envers les générations futures, et j'en passe, non, ce qu'il veut c'est moins d'État dans l'administration des services publics. Tu veux un service, tu te le payes. Point. T'as pas les sous, c'est dommage.

Augmentation des taxes scolaires, augmentation des taxes municipales, augmentation des tarifs d'Hydro-Québec, augmentation des frais de garderie... quand on ajoute le probable 2 % d'inflation annuelle, les années à 0 % d'augmentation vont apporter inévitablement une soustraction importante dans nos poches.

Ne nous décourageons pas ! Une clause permettra toutefois d’avoir des augmentations un peu plus généreuses s’il y a une baisse des effectifs, a appris La Presse. On ignore à quel moment s’appliquerait la possibilité d’une hausse de salaires dans le cas où il y a une certaine diminution du nombre d’employés écrivait Tommy Chouinard ce 6 décembre.

Donc, si on ne remplace pas les retraités, si on ne comble pas les postes vacants, si on coupe des postes, à ce moment, nous aurons peut-être droit à une augmentation plus généreuse. La perte d'emploi des uns, l'augmentation de la charge de travail des autres pourraient améliorer le sort de ceux qui ne se seront pas encore vu montrer la porte. C'est tout simplement dégueulasse.

Il n'y a pas que les oreilles du chat, en fin de compte, qui sont sorties. Toute la tête est visible et nous sommes déjà en mesure d'imaginer le corps. Les récupérations patronales lors du prochain dépôt seront à l'avenant.

 


Chronique d'un déséquilibre annoncé

Je suis probablement naïve, c'est du moins comme ça que je me sens. J'ai toujours pensé que l’idée de payer des impôts, c'était une façon de mettre notre argent en commun afin de nous donner des services communs. Des services qu'individuellement, nous n'aurions pas pu nous payer parce que trop dispendieux. J'ai toujours pensé que c'était une façon de nous offrir une société plus équitable.

Quand les hôpitaux sont accessibles pour toutes et tous, ça n'enlève rien aux personnes mieux nanties et ça permet aux autres d'être soignés correctement et dignement. Permettre que chaque enfant du Québec puisse avoir accès à l'éducation m'est toujours apparu comme une plus value.

Combien d'enfants, avant les années 60, avaient le potentiel pour faire des études supérieures, mais n'ont pu y accéder faute de moyens? Bien entendu qu'ils ont travaillé, mais était-ce à leur plein potentiel?

L'accessibilité à une éducation de qualité et supérieure, à des coûts acceptables, a permis à plusieurs familles moins riches de voir leur progéniture devenir médecin, comptable, psychologue, dentiste, traducteur, avocat, journaliste, et j'en passe.

Et toutes ces personnes ont contribué à la société et au bien-être des autres en travaillant dans un métier où leur plein potentiel était mis à contribution. Et cela, sans rien enlever aux autres.

Quand le principe des garderies à 5 $ et ensuite à 7 $a vu le jour, les femmes ont pu alors, à leur tour, avoir un meilleur accès au marché du travail parce qu'avec la mise en place de ce réseau, il ne leur en coûtait pas plus que leur salaire pour y accéder ou y retourner.

Depuis l'arrivée de ce gouvernement au pouvoir, j'ai ce sentiment que les moins riches et même les gens de la classe dite moyenne verront disparaître ce que l'on pouvait peut-être qualifier d'égalité des chances.

En santé, on voit poindre ces « petites » opérations d'un jour qu'il faudra payer. En éducation, avec les coupures des dernières années, la gratuité est un concept de moins en moins vrai et les services diminuant comme peau de chagrin, les familles qui voudront aider leurs enfants devront faire appel à des professionnels à l'extérieur de l'école. Qui pourra se payer ça ?

Dans Le Devoir du 22 novembre, Hélène Roulot-Ganzmann citait Robert Laplante, directeur général de l'Institut de recherche en économie contemporaine qui disait : « Aujourd'hui, nous nous en allons manifestement vers le principe de l'utilisateur-payeur, qui partout où il est privilégié fabrique des inégalités et augmente les écarts de richesse ».

Dans le même journal, sous la plume de Claude Lafleur, cette fois, on pouvait lire : « [Simon Tremblay-Pépin, chercheur à l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS)] précise également que l'actuelle détérioration des finances publiques vient des "nombreux cadeaux" que nos gouvernements ont octroyés aux entreprises. Il cite ainsi l'élimination de la taxe sur le capital, accordée entre 2007 et 2011, qui nous fait perdre presque deux milliards de dollars de revenus par année - "une somme qui, justement, comblerait notre déficit", dit-il . Qui plus est, en même temps, le gouvernement fédéral a abaissé le taux d'impôt sur le revenu des sociétés de 25 à 15 % ».

Que nos impôts soient utilisés afin de donner un coup de main à des compagnies, j'en suis, puisqu'elles créent de l'emploi, entre autres. Mais avec toutes ces coupures annoncées, cette centralisation tant en santé qu'en éducation, un puissant déséquilibre n'est-il pas en train de se produire?

Ce samedi 29 novembre, deux grandes manifestations sont organisées à Montréal et à Québec sous le thème « Refusons l'austérité ». Cette façon du gouvernement de voir notre société m'interpelle au-delà de mon appartenance à un groupe ou à un autre, elle me touche comme citoyenne.

Ce discours d'austérité qui assombrit tout sur son passage, je n'en veux pas. Je crois toujours et profondément à une société où l'égalité des chances doit rester une valeur fondamentale.

Le 29 novembre: j'y serai!

 

Par Mireille Proulx


Pftt, pftt, pftt

Quand je lis et entends tout ce que le ministre Bolduc annonce et désannonce, je suis découragée.

D'un côté, il ne se passe pas une semaine sans qu'il arrive avec un ballon de nouveautés ! Samedi dernier, on apprenait que le médecin Bolduc voulait pouvoir mettre les écoles en tutelle.

J'imagine qu'après avoir envoyé, en septembre et octobre, des vérificateurs dans les commissions scolaires de Montréal et des Patriotes, le ministre Bolduc était gonflé à l'hélium. Dans Le Devoir du 25 octobre, on apprenait -dans le projet de loi qu'il gribouille sur le coin d'une table en ajoutant ou raturant selon les réactions suscitées- que les écoles auraient plus d'autonomie mais qu'elles pourraient être mises en tutelle.

L'inspecteur des filles de Caleb serait-il de retour ? Toujours est-il que le ministre veut, s'il y a un établissement déficient -il ne comprend pas que deux écoles dans un même quartier puissent avoir des résultats différents- avoir un pouvoir d'intervention. Ce bout-là, on appelle ça la centralisation des pouvoirs.

Pourtant dans le même article de Robert Dutrisac, on peut lire : «Je suis un grand décentralisateur, a-t-il dit. Le système fonctionne mieux quand les gens qui sont sur le terrain ont plus de pouvoir et que des mécanismes de reddition de comptes sont mis en place. C'est comme en santé, c'est la même philosophie», a-t-il avancé. Ouain, ben le moins que l'on puisse dire, c'est que les changements annoncés en santé sont loin de faire l'unanimité, tant chez les gens de la santé que chez les usagers.

Toujours dans le même article, autre nouveauté ! Nous savons déjà que ce même ministre joue avec l'idée de diminuer sinon d'abolir les commissions scolaires. Si cette structure devait disparaître, une autre devrait être envisagée... Ainsi il semble que tous les scénarios soient regardés dont celui de recourir aux comités de parents dans les écoles. Quels pouvoirs auraient-ils ? Pas certaine que le ministre le sache lui-même...

Si d'un côté, Bolduc lance des nouveautés au rythme où elles apparaissent dans sa tête, de l'autre, cette façon de faire l'oblige souvent à revenir sur ses annonces...

C'est ainsi que dans un article de Tommy Chouinard paru dans la Presse du 30 octobre, on apprenait que le ballon des coupures dans les écoles privées s'était dégonflé ! Pftt pftt pftt ! Il semble que tout au plus, il y aura de petits ajustements.

J'ai bien hâte de voir la réponse patronale à notre dépôt syndical. Si je me fis à ce revirement au niveau des écoles privées, j'imagine qu'il n'y aura pas de récupérations patronales pour nous non plus ! Les écoles privées se sont vu couper quelque vingt millions en lien avec le transport scolaire, coupure qui se déploiera sur trois ans. Quand on sait que nous avons eu, depuis cinq ans, plus de 800 millions de coupures, je continue de rêver qu'il n'y aura pas de récupérations patronales ! J'espère qu'il ne pètera pas ma balloune !

La fameuse commission Robillard conclut, selon Tommy Chouinard, que le Québec ne dépense pas trop en éducation, ni en santé d'ailleurs.

À cela, le ministre Bolduc a osé dire : «Il semblerait que la commission trouve qu'au niveau de l'éducation, il y a quand même des belles choses qui se font».

Eh oui, c'est le ministre de l'Éducation. «Y'est pas question qu'on continue de cesser de faire notre vie normale» comme il le dit lui-même...

 

Mireille Proulx
Coordonnatrice


Pas de coupes dans les services à Champlain

Malgré les nuages gris des possibles coupures à venir dans les services à la population en éducation et en santé, entre autres, je garde ma bonne humeur car à Champlain, le comité de vie syndicale s'est rencontré à la fin septembre.

Si le gouvernement pense couper dans les services, le Syndicat de Champlain, lui, par les responsables des comités statutaires, pense plutôt à tout ce qu'il offrira aux membres lors des mois à venir.

Déjà, le comité sociopolitique a offert une conférence d'Alain Deneault sur les abris fiscaux, mais tous les autres comités soit ceux des jeunes, de la condition des femmes, de l'éducation syndicale, de la formation professionnelle et de la formation générale aux adultes sont aussi à l'oeuvre pour offrir des informations, formations ou activités dans le cadre de leur dossier.

Les membres des différents comités se sont déjàrencontrés ou le feront sous peu afin de planifier un certain nombre d'offres qui vous seront présentées dans un calendrier commun lors de la prochaine réunion des personnes déléguées.

Vous verrez donc arriver dans vos milieux des invitations à vous inscrire à celles-ci.

Vous pourrez également lire dans nos différentes publications des comptes rendus et articles sur différents sujets traités par nos comités.

Rappelons-nous que les comités de vie syndicale sont composés, dans la mesure du possible, d'un membre de chacune des sections en plus de la personne responsable. Pour la majorité des comités, des réseaux sont organisés par la Centrale des Syndicat du Québec ou par la Fédération des syndicats de l'enseignement. Ces réseaux sont des lieux fort intéressants pour aller chercher de l'information mais également pour discuter de nouvelles tendances, des annonces gouvernementales, des problématiques vécues dans les milieux, etc.

J'aimerais donc remercier les quelque 40 personnes impliquées dans ces comités qui permettent que nous ayons une vie syndicale forte et diversifiée.

Mais ce n'est pas tout! À ces équipes, s'ajoutent également celle des RAM, c'est-à-dire les responsables de l'action mobilisation. Prof, ma fierté ! et la négociation qui débute sont certainement les deux gros dossiers qu'ils auront sur leur table de travail.

Là encore, vous recevrez régulièrement de l'information afin que toutes et tous, nous soyons au courant des développements dans ces dossiers.

Pour terminer, le réseau d'action professionnelle aura lieu à la mi-novembre et une fois de plus des membres de chacune des sections y assisteront. Les sujets à l'ordre du jour sont, entre autres, la conjoncture en éducation (les ballons d'essai du gouvernement et leurs impacts), la violence à l'école, la cyberintimidation envers le personnel enseignant et la loi 88.

Le dynamisme des personnes impliquées dans les différents comités de notre syndicat met indéniablement du soleil dans cette période pluvieuse d'annonces gouvernementales.

 

Photo : depositphotos@Rawpixel

 


 Démolissage en règle

Alors que nous sommes sous la moyenne des investissements en éducation à travers le Canada, voilà que le ministre Bolduc qui, par ses agissements, démontre bien qu'il n'y connaît rien au monde scolaire, met sur la table une structurite aiguë en éducation qui fera économiser 1 milliard de dollars aux contribuables. Qui peut croire, une seule minute, qu'avec un milliard en moins, l'avenir des élèves n'est pas en jeu. Ça me rend d'humeur massacrante.

Dans cette réforme, on parle de donner des responsabilités aux municipalités. Quand on pense aux Vaillancourt, Marcotte, Tremblay et à tous les autres maires qui ont vu des perquisitions de l'UPAC dans leur milieu tant sur la rive sud que sur la rive nord, on peut déjà être très inquiets de l'administration des fonds «éducation» qu'auraient à administrer les municipalités.

Et c'est entre ces mains-là que nous remettrions la gestion des infrastructures, l'argent pour la construction et la rénovation des établissements scolaires ? Certains doivent se frotter les mains le sourire aux lèvres devant ces annonces qui, pour eux, ne peuvent être que de bonnes nouvelles...

 Le bien des enfants ? Ce gouvernement n'en a rien à foutre, ce qu'il recherche intensément, c'est d'économiser des centaines de millions de dollars, voire des milliards. Vous croyez vraiment que c'est pour assainir les finances, atteindre le déficit zéro? Quand la marge de manœuvre aura été dégagée, soyez certains que la volonté réelle du gouvernement se traduira, entre autres, par une baisse des impôts des PME.

Maladroitement, le ministre Leitao a laissé dépasser son jupon quand il a indiqué qu'il voudrait bien réinvestir vers les PME les baisses du fardeau fiscal prévues par le fédéral. Son premier ministre l'a ramené à l'ordre. Pas touche aux baisses du fédéral ! Mais l'intention est là, l'argent économisé en santé et en éducation pourrait prendre certainement ce chemin. Et que dire de Sam Hamad qui est prêt à investir dans le retour des Nordiques...

Nous voilà face à un gouvernement qui a décidé de déconstruire ce que le Québec a mis 50 ans à construire, une société la plus équitable possible pour l'ensemble de ses concitoyens et, quel que soit le niveau de vie des personnes, une accessibilité à la santé et à l'éducation pour tous, pour ne nommer que ces deux grands programmes sociaux.

En charcutant ainsi les structures que le Québec s'était données, les brèches pour l'entrée massive du privé dans le secteur public sont ouvertes. Personnellement, avec cette conception des services publics, je comprends qu'il vaudra mieux, à l'avenir, être riche et en santé.

Mireille Proulx
Coordonnatrice

 

Photo : © Depositphotos.com/gallofoto

 


Les membres du personnel de soutien

Une gang forte 

Hier soir, l'humeur était à la fête car les membres du personnel de soutien étaient conviés à célébrer, pour une 15e année, la fête nationale du soutien scolaire. Plus de 300 personnes s'y étaient inscrites. Guylaine Bachand, vice-présidente de la section, en a profité pour souligner l'apport essentiel de tous les membres, de toutes les classes d'emploi dans le travail quotidien de nos établissements.

Il y avait dans la salle une énergie extraordinaire, une bonne humeur générale d'être ensemble. C'est un moment privilégié, chaque année, pour réaffirmer la fierté du travail accompli mais également pour rencontrer les collègues des différents établissements du territoire. Au jour le jour, chacun peut se sentir un peu seul dans son école mais cette soirée permet de se rappeler qu'il n'en est rien.

Le thème Champlain de cette année était À vos marques, prêts... soutien. En cette année de négociation, en cette journée où on apprend que le gouvernement libéral veut charcuter le réseau scolaire, la solidarité qui régnait hier sera essentielle dans les mois à venir. Il faudra affirmer, réaffirmer et crier haut et fort que sans le personnel de soutien, le réseau scolaire ne peut être efficace.

Je me suis sentie privilégiée d'être présente à cette soirée où verre de l'amitié, souper et danse ont créé une ambiance festive qui je l'espère, sera la première marche d'une mobilisation forte pour les mois à venir.

Mireille Proul
Coordonnatrice

 

Photo : © Depositphotos.com/stillfx

 


 À vos marques, prêts, partez !

Pas de Bolduc aujourd'hui, parlons plutôt de quelque chose de positif et qui me rend de bonne humeur. La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) organise, pour une troisième et dernière année, la campagne de valorisation de la profession enseignante. N'ayez crainte, pas d'évaluation du personnel enseignant dans celle-ci!

Tous les samedis, du 18 octobre au 6 décembre 2014, huit courses seront organisées dans toutes les régions du Québec. Elles totaliseront 42 kilomètres, soit la distance d'un marathon, parce qu'enseigner, c'est tout un marathon !

Chez nous, ça se passera le 15 novembre et prédiction... il fera beau ! Au cas où je ne serais pas une bonne météorologue, un énorme chapiteau sera monté pour vous accueillir. Oui, oui, la course se déroulera quand même à l'extérieur !

Cette activité s'adresse à tout le monde. Vous aimez courir ? On vous attend à la ligne de départ ! Vous préférez la marche, pas de problème, derrière les coureurs, il y aura le peloton des marcheurs. Vous êtes un supporteur extraordinaire ? Dans ce cas, on veut vous voir en bordure du parcours pour encourager vos collègues !

Soyez l'école ou le centre le plus dynamique ou original. Nous immortaliserons votre gang en vous prenant en photo et vous courrez la chance de gagner un prix.

Cette activité se veut festive et mobilisatrice en cette année de négociation. Bien que ce soit une action organisée par la Fédération des syndicats de l'enseignement, les personnels enseignant, de soutien et professionnel, la famille, les amis, tous sont les bienvenus pour courir, marcher ou supporter!

Alors que le gouvernement étrangle le monde de l'éducation en coupant dans le maigre – comme disait ma grand-mère «si ça continue, il ne restera que mes os à leur donner à gruger» – servons-nous de cette activité pour nous rassembler, être ensemble et nombreux à croire en nos professions. Objectif ? Au moins 1000 membres de Champlain.

Il y aura de l'animation tout au long de l'après-midi pour les grands et les tout-petits. Des prix de présence et des prix pour les meilleurs groupes de supporteurs (originalité, dynamisme, etc.) seront offerts.


Mettez à votre agenda le samedi 15 novembre !

Inscrivez-vous au www.syndicatchamplain.com.



 


Bolducator

Première évaluation

Le ministre Bolduc a été élu en avril dernier lors de l'élection majoritaire du Parti libéral. Le ministère de la Santé ayant été donné au bon docteur Barrette, Yves Bolduc se retrouvait orphelin de ministère... Ainsi, le Premier ministre du Québec lui a offert l'Éducation.

Boukar Diouf : «L'éducation devrait être réservée à des visionnaires cultivés, qui croient à l'enseignement public et ont à cœur ce projet d'instruction à chances égales qui nous file de plus en plus entre les mains.»

Après six mois, jouons à évaluer le ministre !

Coupures de millions en éducation : Depuis le lendemain de son élection, ce ministre ne parle que de coupures en éducation et son ministère suggère de les faire, entre autres, dans les «mesures d'aide à la réussite».

Tableaux blancs : 2011, Jean Charest crée une surprise en annonçant l'achat de 40 000 tableaux blancs. Cette demande ne venait aucunement des enseignantes et enseignants. Malgré tout, le ministre décide de continuer la mise en place de ces tableaux sans vérifier les besoins réels du milieu.

Les bibliothèques scolaires : Fin août, on apprend de la bouche du ministre que les bibliothèques scolaires sont bien garnies et que les commissions scolaires peuvent effectuer des coupures. Les élèves n'en mourront pas après tout! Quelques jours plus tard, il se confond en excuses, nous dit même qu'il fréquente les librairies (!) et vire son capot de bord à 180°.

Anglais intensif : Fin août encore, le Conseil supérieur de l'éducation ne recommande pas au ministre de rendre obligatoire l'enseignement intensif de l'anglais pour tous les élèves de la 5e ou de la 6e année. Que dit le ministre : «J'étais d'accord avec le principe que ça ne devait pas être du mur à mur. [Le programme] on va le rendre obligatoire, faut [le] généraliser, sauf qu'il faut avoir des exceptions... ça peut être du côté des communautés allophones de Montréal...», pouvait-on entendre à l'émission Pas de midi sans info. Coudonc, dit-il une chose et son contraire ?

Évaluation des enseignantes et enseignants : Et, enfin, en ce début de septembre, voilà le fantôme de l'évaluation des enseignantes et enseignants qui refait surface. Dans le Soleil de Québec du 3 septembre, le ministre déclarait : «Il faut avoir une évaluation, mais pour l'amélioration et la mise en place des bonnes pratiques». Bonnes pratiques ? C'est quoi le problème ?

Visionnaires cultivés en demande !

Mireille Proulx, coordonnatrice