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Quand « faire la différence » prend un tout autre sens...

Auteur : Éric Gingras

 

 

Déjà le début de l’année scolaire ! Je profite de cette chronique pour vous souhaiter, d’abord et avant tout, un bon retour. Une fois de plus, c’est une année très chargée qui se dessine, avec des annonces ministérielles à venir en lien avec la

Politique de la réussite éducative. On s’attend aussi à plusieurs « surprises » tributaires du fait que nous entrons dans une année préélectorale. C’est toutefois un enjeu plus social qui m’a habité pendant la saison estivale. Je ne sais pas si c’est dans le ton et dans le vocabulaire utilisés, mais l’été a été marqué par d’énormes tensions au Québec, aux États-Unis et ailleurs dans le monde : tantôt les tensions raciales chez nos voisins du Sud, tantôt des tensions identitaires chez nous. Un jour, un nouvel attentat occupait tout l’espace médiatique. Un autre, des relents de guerre froide nous arri-vaient sur le fil de nouvelles.

Dans tous les cas, la trame de fond est la même : la suspicion de l’autre et la méfiance envers la différence. En société, les débats peuvent et doivent avoir lieu, même quand ils font mal. Là n’est pas la question. Mais les mots utilisés, les raccourcis empruntés, l’enflure verbale et la méconnaissance brouillent le débat.

Comme personnel de l’éducation, nous intervenons au quotidien auprès des jeunes pour leur rappeler l’importance de l’ouverture sur la différence et de la soif de connaissance. Il s’agit là d’un immense pouvoir.

On ne doit pas minimiser ce que nous pouvons faire dans nos salles de classes, dans nos écoles et dans nos centres pour amener nos jeunes à se questionner et à avoir l'esprit critique, que ce soit à propos d’un topo de 30 secondes d'un bulletin de nouvelles ou d’une brève qui circule dans les médias sociaux. Le généticien et philosophe français Albert Jacquard disait que dans le mot « connaître », il faut plutôt voir la notion de « co-naître », car nous avons besoin des autres pour exister, pour apprendre à connaître notre environnement et pour apprendre à nous connaître nous-mêmes. Comme enseignant, comme membre du personnel de soutien, nous pouvons faire la différence, dans la vie des enfants que nous côtoyons, dans les relations qu’ils entretiendront, dans la façon dont ils percevront le monde et dans les jalons de la société de demain qu’ils poseront.

En ce début d’année, plus que jamais, prenons le temps d’y réfléchir. Bonne rentrée !

Éric Gingras

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