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Grâce à nous

Auteur : Mireille Proulx

 

Une bonne nouvelle est une bonne nouvelle ! Et la mise à jour économique du ministre des Finances, Carlos Leitão, en est une : 337 millions de dollars de plus en éducation et en enfance pour les six prochaines années. Ces sommes s'ajoutent aux 3,4 milliards annoncés à la mi-mars. Ça fait du bien !

Après trois ans sous respirateur artificiel, nous recommençons enfin à respirer par nous mêmes. Beaucoup ont décrié le caractère électoraliste de ces annonces. Vrai, en partie. Mais, plutôt que de verser entièrement dans le cynisme, rappelons-nous que le poids de nos actions collectives a aussi eu son rôle à jouer dans les choix politiques qui composent cette mise à jour économique.

Ce gouvernement aime le spectacle : beaucoup de bruit, de flammèches, de sourires, de poignées de mains. Mais il n’a pas de plan en éducation, pas de vision globale à long terme. La Politique de la réussite éducative du ministre Proulx en est un bel exemple. Beaucoup de principes généraux, de chantiers, de comités, mais bien peu de concret dans les milieux depuis le début de l’année scolaire.

Puis, il y a eu l’annonce de la création du Lab-École en avril, suivie en novembre par le lancement officiel de ce projet (deux shows pour le prix d’un). Un autre spectacle haut en couleur ! Le ministre Proulx semble prendre beaucoup de plaisir à se pavaner en compagnie de vedettes… Mais ça demeure du tape-à- l’œil. Parce que les 3 millions de dollars investis pour le Lab-École, les 5 millions saupoudrés par-ci, les 12 millions par-là, la mise en place rapide d’un cours d’éducation financière, le club des 100 « crinqués », etc. témoignent du manque de planification de ce gouvernement pour plutôt appliquer une stratégie de type « action-réaction».

Alors, pourquoi ce réinvestissement en éducation ? Parce que lors des dernières négociations, nous nous sommes mobilisés bien au-delà de ce à quoi s’attendaient le gouvernement et Monsieur Coiteux, alors président du Conseil du trésor.

Ce gouvernement affichait, on s’en rappellera, un air de suffisance. Il était clair qu’il croyait pouvoir casser le secteur public et ses travailleuses et travailleurs. Mais le personnel de l’éducation n’a pas plié l’échine devant les menaces, bien au contraire. C’est la tête haute que nous avons manifesté sur l’heure du dîner, à la fin des classes et lors de journées de grève.

Nous avons mené cette bataille, nous avons expliqué nos arguments sur la place publique, partout où nous le pouvions, nous nous sommes mobilisés. Et sous l’effet de ce mouvement, une partie de la population s’est aussi mobilisée avec nous. D’abord, en partageant nos revendications pour plus de services de qualité aux élèves. 

Puis, des parents ont aussi pris la parole, notamment via le mouvement « Je protège mon école publique », en encerclant leur école de quartier pour marquer, visuellement et politiquement, l’importance de celle-ci dans leur vie. Le gouvernement n’avait alors pas soupçonné l’ampleur des appuis dont bénéficiait le personnel de l’éducation.

Alors oui, c’est grâce à nous si aujourd’hui, il y a un retour des millions de dollars amputés au réseau. Les alliances que nous avons su créer, les entrevues données, les témoignages d’acteurs du milieu, les lettres d’opinion, la participation aux lignes téléphoniques : partout nous avons expliqué la réalité de l’école d’aujourd’hui, de ses besoins.

Les coupures ont cessé et les millions reviennent, même si c’est encore trop peu et qu’ils arrivent dans un plan improvisé à courte vue. Parce que nous les avons obligés à nous considérer, ces millions ne se sont pas complètement envolés dans la diminution des impôts.

Nous avons démontré, une fois de plus, que l’élève est au cœur de nos préoccupations. Nous avons porté l’école à bout de bras et les millions annoncés depuis le printemps 

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