24 septembre 2026
Cinq formations présentent des candidates et candidats dans l’ensemble des 127 circonscriptions, mais elles ne sont pas seules à prendre part au débat. Quinze autres partis sont également présents sur les bulletins de vote à travers le Québec, avec une implantation très variable.
Éducation : services, réussite et organisation du réseau
Le PQ, le PLQ et QS proposent tous des états généraux sur l’éducation, alors que la CAQ s’y oppose. Le PLQ et QS promettent respectivement 1 000 et 2 000 ressources spécialisées supplémentaires dans les écoles publiques. QS propose de progresser vers la gratuité scolaire. Le PQ met davantage l’accent sur la littératie, la qualité du français, l’activité physique tout en rendant une partie du financement des écoles privées conditionnel à l’accueil d’élèves en difficulté d’apprentissage ou aux moyens financiers limités. Le PCQ privilégie pour sa part une plus grande liberté de choix de l’école par les parents, davantage d’autonomie pour les établissements et une réduction du nombre de centres de services scolaires à 17.
Immigration, francisation et capacité d’accueil
La CAQ planifie environ 45 000 admissions permanentes annuelles pour la période 2026-2029, correspondant à la capacité d’accueil du Québec. Le PQ propose plutôt un plafond de 35 000 admissions permanentes par année et une réduction importante de l’immigration temporaire, alors que QS fixe sa cible à 70 000 admissions permanentes. Le PLQ souhaite rétablir le Programme de l’expérience québécoise et mise sur l’immigration pour répondre aux besoins de main-d’œuvre, sans avoir fixé de seuil. Le PCQ propose aux MRC de déterminer leurs propres besoins en immigration.
Langue, identité et avenir constitutionnel
Le PQ veut étendre l’application de la loi 101 aux cégepx et aux enfants d’immigrants temporaires établis depuis plus d’un an, et prévoit consulter la population sur l’indépendance après janvier 2029. La CAQ propose notamment d’étendre la loi 101 à la formation professionnelle et à la formation générale des adultes et de faire adopter une constitution québécoise. Le PLQ propose des investissements additionnels de 380 M $ sur quatre ans pour la protection et la promotion du français. QS maintient une démarche vers l’indépendance passant par une assemblée constituante coconstruite avec les Premières Nations, tandis que le PCQ s’oppose à la tenue d’un référendum, tout en souhaitant que le Québec se dote d’un hymne national.
Pouvoir d’achat
Le PQ propose notamment des mesures d’accès à la propriété, dont un remboursement de TVQ pouvant atteindre 45 000 $ pour certains premiers acheteurs d’une habitation neuve ou pour l’autoconstruction, ainsi qu’une hausse du crédit d’impôt pour l’achat d’une première habitation. Le PLQ propose également une mesure d’accès à la propriété en remboursant 36 % de la TVQ jusqu’à concurrence de 10 000 $. La CAQ compte offrir un crédit d’impôt pouvant aller jusqu’à 7 000 $ pour l’achat d’une première propriété et un plafonnement à un maximum de 3 % des tarifs gouvernementaux pour prévenir l’inflation. De son côté, QS mise sur des interventions plus directes dans le coût des biens et services, notamment un salaire minimum à 20 $ de l’heure à compter du 1er mai 2027, 15 épiceries publiques proposant des produits locaux et des mesures de transport collectif à tarif réduit ou gratuit pour certains groupes d’âge. Le PCQ privilégie surtout des réductions d’impôts et de taxes afin d’augmenter le revenu disponible des ménages.
Itinérance
La CAQ promet un plan national proposant des logements de transition, des nouveaux programmes d’aide au logement et un fonds de 250 M $ principalement réservé à Montréal. Le PLQ propose 60 M $ additionnels par année et veut agir en amont sur les expulsions, la sortie des jeunes de la protection de la jeunesse, le logement transitoire et la santé mentale. Le PCQ privilégie une approche combinant soins, logements et réinsertion : il veut notamment améliorer la continuité des services, développer différentes formes de logements avec accompagnement, investir 350 M $ dans une cinquième faculté de médecine décentralisée et y former 125 nouveaux médecins communautaires par année, ainsi que déployer davantage de travailleurs sociaux. QS lie étroitement l’itinérance à la crise du logement et propose d’accroître fortement le parc de logements sociaux et communautaires : 1,5 G $ serait réservé pour créer 6000 logements de transition. Le parti propose également de créer un superministère responsable de l’itinérance. Enfin, le PQ vient d’annoncer un investissement de 1 G $ sur quatre ans, dont 400 M $ consacrés aux logements adaptés et 600 M $ aux programmes sociaux et à la prévention, avec l’objectif déclaré de réduire l’itinérance de 50 % d’ici 2030.
Finances publiques et taille de l’État
Les principaux partis proposent des approches différentes concernant la taille de l’État et le retour à l’équilibre budgétaire. La CAQ prévoit l’abolition de 11 000 postes, le PQ l’équivalent de 16 000 et le PCQ, 20 000. Le PLQ évoque des économies sans objectif chiffré, tandis que QS privilégie plutôt le renforcement des services publics et l’amélioration des conditions de travail.
Commerce avec les États-Unis
La CAQ privilégie une intervention de l’État pour soutenir les entreprises et les régions touchées par les mesures tarifaires. Le PLQ mise sur la diversification des exportations en réduisant notre dépendance envers les États-Unis et sur des mesures permettant aux entreprises québécoises de mieux résister aux perturbations commerciales. Le PCQ insiste également sur la réduction des impôts, de la réglementation assumée par les entreprises afin d’améliorer leur compétitivité. QS privilégie plutôt le soutien aux secteurs et aux travailleuses et travailleurs affectés ainsi qu’une économie moins dépendante du marché américain en prévoyant une réserve d’urgence de 2 G $. Enfin, le PQ privilégie des contre-mesures plus ciblées, accompagnées d’aides ponctuelles. Ce parti propose également de diversifier rapidement les marchés d’exportation, de favoriser les entreprises québécoises dans les contrats publics et de réduire le fardeau fiscal des PME.
Institutions démocratiques
QS fait de la réforme du mode de scrutin un point phare de sa plateforme électorale et rejoint le PCQ qui voit également dans le système actuel un mode de scrutin qui « déforme la volonté populaire et alimente le cynisme ». Le PQ, dans la même veine, assure que cet engagement est toujours à son programme. Tandis que le PLQ s’oppose formellement à l’introduction de pointage proportionnel dans le scrutin, la CAQ considère ce dossier comme clos en affirmant qu’il n’y a « pas de consensus » parmi la population. Le Parti NUL veut offrir aux électeurs orphelins (ou en désaccord avec le système électoral) la possibilité d’annuler leur vote et de considérer ce choix comme une réelle position politique. Le parti Démocratie directe déplace, pour sa part, le débat vers la manière même de gouverner. Plutôt que de détailler une longue série de mesures sectorielles, le parti souhaite donner davantage de pouvoir décisionnel à la population par la tenue d’assemblées constituantes composées de citoyennes et citoyens tirés au sort.
Environnement
La CAQ mise sur la poursuite de l’électrification, l’efficacité énergétique et le développement de nouvelles capacités de production d’électricité. Le PQ propose également de réduire les émissions par l’électrification et l’efficacité énergétique, mais mise plutôt sur la valorisation de choix environnementaux des Québécois pour réduire leurs factures et protéger leur santé. QS souhaite accélérer davantage la transition écologique, en améliorant la mobilité et la qualité de vie des Québécois, notamment en proposant des investissements de 23 G $sur 10 ans dans les transports en commun. Le Parti vert du Québec abonde également dans le développement du transport en commun et sur la nécessité de réduire rapidement la taille du parc automobile. À l’inverse, le PCQ s’oppose notamment à la tarification québécoise du carbone et veut sortir du Fonds d’électrification et de changements climatiques. « La protection de l’environnement et la lutte aux changements climatiques » demeure l’une des 9 grandes valeurs du PLQ sans apporter plus de précisions. Climat Québec veut notamment accélérer la réduction des GES, protéger davantage les terres agricoles, l’eau et les forêts et développer le transport collectif.
Les promesses électorales continuant d’évoluer pendant la campagne, les comparaisons doivent être lues comme un portrait daté au 19 septembre 2026 plutôt que comme une plateforme définitive de chacun des partis.
Le comité sociopolitique