21 octobre 2026
Monsieur le Premier Ministre, j’ai le plaisir de vous féliciter pour votre victoire du 5 octobre dernier. Vous avez su, en très peu de temps, gagner la confiance d’une partie suffisamment importante de la population québécoise pour que les rênes de la nation vous soient confiées. Il s’agit d’un exploit qui ne peut qu’être souligné et j’ai la conviction que vous avez la pleine mesure de l’espoir que ce changement inspire chez plusieurs, dont je fais partie, de voir enfin apparaître une réelle volonté politique de traiter les problèmes critiques en éducation. Monsieur le Premier Ministre, la situation dans nos centres et nos écoles est telle, que je me dois de vous interpeller dès cette première missive.
Des solutions concrètes
Lors de la campagne électorale, vous avez pris l’engagement de tenir cinq grands chantiers en éducation dans les 100 premiers jours de votre gouvernement, incluant les états généraux, à l’image de la grande réflexion des années 60 qui a fait naître le Rapport Parent. Vous n’êtes pas sans savoir que ces états généraux sont demandés depuis plus de deux ans par notre syndicat, la CSQ et ses fédérations en éducation. Le souhait formulé est de mettre sur pied un échange public entre les acteurs du milieu et les décideurs, dans le but de convenir d’un programme d’actions qui permettra de ramener notre système scolaire sur la bonne voie. Cependant, Monsieur le Premier Ministre, je dois vous alerter sur le fait que, malheureusement, nous n’avons plus le luxe d’attendre que cette réflexion, qui, je le réaffirme, est indispensable, se fasse et que ses conclusions s’appliquent avant de traiter certaines des préoccupations majeures les plus criantes. Des enjeux urgents demandent une intervention immédiate de votre part. Je fais référence, notamment, à la désertion que subit le secteur de l’éducation, qui suscite une pénurie de main-d’œuvre dont les conséquences sont catastrophiques pour l’ensemble de notre société. Le manque de ressources humaines formées dans nos institutions scolaires crée une tension immense sur le personnel, qui n’a pas d’autre choix que de porter à bout de bras l’éducation de nos enfants, sans les outils nécessaires.
De la violence en milieu scolaire et des établissements vétustes
De cette incapacité à fournir l’encadrement requis, naît un accroissement de la violence vécue par le personnel scolaire, une diminution de la qualité des services aux élèves et une augmentation du nombre de départs en invalidité, en congé ou à la retraite précipitée. Le phénomène de la pénurie de main-d’œuvre fait boule de neige. Nous sommes rendus à des dizaines de milliers de personnes qualifiées, tant chez le personnel enseignant que chez le personnel de soutien scolaire, qui tournent les talons face à leur profession. Ajoutons à tout cela la vétusté toujours aggravée de nos établissements. De plus en plus de centres et d’écoles doivent fermer et déménager leurs opérations après avoir compromis la santé et la sécurité du personnel et des élèves. Monsieur le Premier Ministre, le système public d’éducation a besoin de vous, de votre appui politique et d’un financement à la hauteur du besoin, dès maintenant.
Depuis le début de votre parcours en politique, vous avez démontré une capacité à vous relever les manches face aux défis, celui de remonter notre système d’éducation à la hauteur des aspirations des Québécois en est un d’une importance capitale. Les Québécois d’aujourd’hui et de demain le méritent.
Jean-François Guilbault
Président