Sociopolitique

 

Les membres du Syndicat de Champlain portent plusieurs chapeaux, à différents moments de leur quotidien : enseignantes, enseignants et membres du personnel de soutien scolaire certes, mais aussi parents et citoyens

Le Comité sociopolitique a pour mandat d’organiser des activités et d’offrir des conférences susceptibles d’intéresser l’ensemble des membres à des sujets d’ordre plus social ou politique, toujours en lien avec des préoccupations qui touchent les membres dans les différentes sphères de leur vie.

Les membres du Comité, généralement au nombre de six, participent aux rencontres du réseau d’action sociopolitique de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). La personne responsable est élue au Congrès triennal du Syndicat de Champlain.

Personne responsable : David Marquis


Réseau sociopolitique du 2 et 3 novembre

Ce réseau s’est déroulé sous le thème, fort à propos, du dialogue social. En effet, depuis le printemps érable et la grève étudiante qui ont soufflé sur le Québec, j’ai la pensée, peut-être utopiste, que la population entame une prise de conscience collective du pouvoir qu’elle peut exercer. Une impression de lumière au bout du tunnel, d’un vent porteur de changement…  non, pas tant, mais au moins, une étincelle.

Pour revenir à mon propos, il me faut d’abord définir ce qu’est un dialogue social, car pour être honnête, j’aimais beaucoup l’expression, mais j’aurais difficilement pu le définir. Dans son ouverture, Mario Beauchemin l’a très bien expliqué en soulignant qu’il s’agissait, quand on en parle froidement, d’une négociation, d’un échange d’information entre un gouvernement et ses concitoyens. En fait, c’est un peu l’idée derrière la consultation sur le plan d’engagement vers la réussite de la commission scolaire à laquelle certains d’entre nous avons participé. Sur le plan fédéral, c’est l’exercice raté de consultation sur le mode de scrutin du gouvernement Trudeau. S’il est légitime de nous questionner sur l’impact d’un tel exercice ou sur la forme que le gouvernement lui donne, cela reste une occasion de participer à un exercice démocratique non-négligeable.

Toutefois, qu’en est-il du dialogue social dans notre vie citoyenne ? Car au-delà de notre côté syndicaliste, flambeaux au bras, il n’en demeure pas moins que nous sommes des citoyens qui avons notre rôle à jouer. C’est là que la présentation de M. Pierre Batellier, coordonnateur du développement durable au HEC, a pris tout son sens. En effet, en plus de nous sensibiliser sur l’acceptabilité sociale (un concept qui aurait intérêt à être élaboré davantage éventuellement), il a soulevé les différents obstacles que doit relever le citoyen militant pour en arriver à participer à ce dialogue social avec le gouvernement : que ce soit le dépôt de lourds mémoires requis pour être entendu, le problème d’accessibilité à des informations vulgarisées et synthétisées ou bien la quête du nombre plutôt que de travailler à la « Force des arguments ».

Dans notre société occidentale, le dialogue social est en crise. La montée des mouvements populistes n’est pas étrangère à cette situation. D’ailleurs, l’intervenante, Mme Audrey Laurin-Lamothe, de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) est venue nous éclairer à ce sujet. Quand le peuple n’a plus l’impression d’être écouté, la porte est ouverte pour les mouvements alternatifs. C’est là qu’apparaît le mouvement populiste qui se veut un ensemble de techniques visant à joindre le plus grand nombre de partisans. On chercher à réduire l’écart entre le citoyen et la classe dirigeante (par exemple, les égoportraits de Trudeau ou les gazouillis matinaux de Trump) en accusant au passage la démocratie représentative de nuire à la sacro-sainte volonté du peuple. On met en lumière un complot contre le peuple, rien de moins. Leader charismatique, proximité du peuple… ça me rappelle mes bons vieux cours sur le fascisme… Sans oublier les médias sociaux, canaux par excellence, propriétés d’individus de droite, lien direct entre le pouvoir et le peuple.

Heureusement, certains vecteurs peuvent permettre à la population de participer à ces discussions. C’est le cas des syndicats qui en sont partie prenante et qui forcent les discussions par le poids du nombre des membres qu’ils représentent. Nos organisations syndicales deviennent des groupes de pression incontournables dans la mesure où elles disposent généralement des ressources nécessaires et qualifiés pour participer au dialogue social.

Nancy Girard du comité sociopolitique


Malgré les différents programmes sociaux, on s’aperçoit que les inégalités sociales sont bien présentes au Québec. À titre d’exemple, à Montréal, il y a un écart de onze ans entre l’espérance de vie des citoyens de Westmount et de Saint-Henri, selon le Directeur de la santé publique de Montréal. Un écart qui équivaut pratiquement à celui entre l’Allemagne et le Bangladesh.

Il va sans dire que les conséquences de ces inégalités sont multiples et diverses : échec et décrochage scolaire, montée des mouvements populistes, lutte des classes sociales et diminution des possibilités de mobilité sociale, pour n’en nommer que quelques-unes. Sans compter que tous ces éléments contribuent à miner les principes démocratiques qui prévalent dans notre société.

Par contre, si la situation demeure préoccupante, la population québécoise peut se targuer d’avoir su mettre en place des moyens qui lui ont permis de freiner, au cours des vingt dernières années, l’augmentation des inégalités.

L’action des organisations syndicales n’est pas étrangère à ces spécificités du Québec, qu’il soit question de l’augmentation du salaire minimum, de la Loi sur l’équité salariale ou encore des congés parentaux. Il n’en demeure pas moins que le modèle québécois a été rudement mis à mal par les différentes politiques d’austérité des derniers gouvernements. Celles-ci ont entraîné des changements significatifs sur les plans économique, social et politique. Les baisses d’impôt, prévues pour 2018-2019, peuvent à priori paraître intéressantes, mais elles priveront l’État d’environ 3,7 milliards de dollars.

Pourtant, l’ensemble des intervenants présents lors du dernier réseau socio-politique de la CSQ, en avril dernier, s’entendaient pour dire que c’est justement par les impôts, entre autres, que l’on peut réduire les inégalités. C’est grâce à eux que l’on finance les différents programmes et services sociaux, principaux garants de mobilité et d’égalités sociales. Dans la même veine, quoique moins progressif, le maintien des taxes est un autre moyen efficace de renflouer les coffres de l’État et il est plus difficile d’y échapper par diverses stratégies d’évasion fiscale.

Malheureusement, dans le discours politique actuel, la tendance est plutôt à la diabolisation de ces mesures pourtant essentielles au maintien d’une saine cohésion sociale. Dès lors, il serait nécessaire de rendre les dépenses publiques beaucoup plus transparentes afin de permettre à la population de voir l’impact de sa contribution fiscale. Avec la question des paradis fiscaux qui prend de plus en plus de place dans l’espace public, il devient nécessaire pour l’État de légiférer contre ce phénomène afin de réduire le cynisme qu’engendre ce poison social. (Pour en savoir plus, cliquez ici.)

En conclusion, pour contrer le phé-nomène grandissant des inégalités sociales, il importe de créer un mouvement solidaire au sein de la population. À cet effet, il est donc intéressant de constater que, dans les pays nordiques, auxquels on se réfère souvent comme étant des modèles, on observait, en 2016, un taux de syndicalisation au-dessus de 50 %.

Qui plus est, quand on compare le Québec au reste du Canada, on s’aperçoit que la redistribution de la richesse y est plus équitable et que notre taux de syndicalisation est également plus élevé. Ainsi, l’intérêt syndical pour les finances publiques ne peut être plus légitime que dans le contexte actuel  : les syndicats sont des groupes de pression importants auprès des gouvernements, en plus de représenter la plupart des intervenants de première ligne dans la mise en place de mesures sociales essentielles à la diminution des inégalités sociales.

 


 

 

Les 24 et 31 janvier dernier, plusieurs membres du Syndicat de Champlain ont assisté à la conférence de Perrine Curé, militante et coordonnatrice pour Amnistie internationale, invitée par le comité sociopolitique.

Même si l’organisme n’a plus besoin de présentation, il est pertinent de savoir qu’il regroupe plus de 7 millions de membres autour du globe et qu’il intervient dans plus de  150 pays depuis plus de 50 ans. Son travail s’appuie essentiellement sur la Déclaration universelle des droits de l’homme et consiste à défendre les droits des humains bafoués et non respectés.

Qui n’a jamais entendu quelqu’un dire  : « Les réfugiés profitent de nos programmes sociaux !  », «  Le Canada accueille trop de réfugiés ! », ou encore «  Les réfugiés prennent nos jobs !  ».  Afin de bien comprendre les enjeux, la conférencière nous a d’abord fait jongler avec différents termes : réfugié, déplacé, migrant et demandeur d’asile.

Puis, à partir d’éléments de l’actualité, de statistiques et de documents officiels, Perrine Curé s’est ensuite employée à déconstruire les préjugés les plus tenaces. Son éloquence, son aisance et sa connaissance des droits internationaux hors du commun ont permis aux participants de faire un voyage au cœur de la misère humaine. Impossible de rester impassible devant le fait qu’on compte sur Terre plus de 65 millions de réfugiés et de déplacés ! Une conférence essentielle dans le contexte actuel.

Sandra Boudreau
Coordonnatrice


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