30 décembre 2025
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Avec la fin de l’Annexe B, le Syndicat de Champlain craint d’importants reculs, notamment en ce qui concerne une probable réduction du nombre d’enseignants au secondaire ou le non-respect des ratios maître-élèves par classe au primaire et au secondaire.
L’Annexe B est une entente qui existe au Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) depuis plus de 25 ans. L’organisme scolaire explique que cela signifie qu’il gère de façon paritaire la masse salariale enseignante. « Une des dispositions de l’entente concerne le temps moyen d’enseignement des enseignants du secondaire, qui est réduit à 1000 minutes par cycle de 5 jours plutôt que 1025 minutes, comme le prévoit l’entente nationale », décortique le CSSP.
Le Syndicat de Champlain dénonce le « sabordement » par le CSSP de cette disposition de partenariat pour la gestion de la masse salariale du personnel enseignant « qui permettait d’offrir des services directs aux élèves ». Il craint d’importants reculs, entre autres au sujet d’une probable réduction du nombre d’enseignants au secondaire ou le non-respect des ratios enseignant-élèves par classe au primaire et au secondaire.
Le Syndicat affirme que la disposition en cause, l’Annexe B, permettait, depuis 28 ans, un travail collaboratif entre le CSSP, les directions d’école, les enseignants et le Syndicat pour ce qui a trait à la gestion de la masse salariale, dont fait partie la formation des groupes, l’affectation des ressources en services directs aux élèves et tout un pan relatif à l’organisation d’activités éducatives au quotidien. « En mettant à mort l’Annexe B, qui avait grandement fait ses preuves depuis 1998, le CSSP s’en prend directement à la possibilité qu’avaient ses travailleurs scolaires d’avoir voix au chapitre dans un aspect déterminant de la mise en œuvre des services dont ils ont la charge. C’est purement scandaleux », considère Jean-François Guilbault, président du Syndicat de Champlain.
Une offre encore sur la table
Le CSSP fait savoir au journal qu’il n’a pas pris cette décision de gaieté de cœur. « Notre intention n’a jamais été de mettre fin à l’Annexe B. Nous avons proposé au Syndicat de conserver l’ensemble des dispositions de l’Annexe B, à l’exception de celle concernant le temps d’enseignement », dit-il. Il ajoute que le Syndicat a choisi de refuser cette proposition. « Il est important de préciser que cette offre demeure toujours sur la table si le Syndicat souhaite la reconsidérer », soutient le CSSP.
Avec la fin de l’Annexe B, le CSSP mentionne que le temps moyen d’enseignement des enseignants du secondaire de son centre de services scolaire sera désormais aligné sur celui de leurs collègues ailleurs au Québec, sauf exception. « Cela dit, la fin de cette entente ne remet aucunement en question notre ouverture et notre désir de collaboration. Nous demeurons résolument engagés à maintenir l’approche décentralisée et la culture de collaboration qui caractérisent notre organisation », informe le CSSP. Dans la foulée, il ne prévoit aucune perte d’emploi liée à la fin de l’Annexe B. « Par ailleurs, l’organisation scolaire se fera dans le respect des conditions de travail des enseignants. »
Une dépense de 1,8 M$
Le CSSP chiffre que cette mesure représente une dépense annuelle de 1,8 M$. « Cette somme n’est pas financée par le gouvernement du Québec et est entièrement absorbée par notre budget. Dans le contexte budgétaire actuel, il est essentiel d’évaluer rigoureusement chaque dollar investi afin de préserver la qualité des services offerts à nos élèves », estime-t-il.
« Il est manifeste que la seule véritable motivation derrière cette décision malheureuse est de faire une économie de 1,8 M$ sur le dos des services scolaires en supprimant des postes au secondaire et en réduisant au silence le personnel enseignant sur la détermination des véritables besoins terrain si bénéfiques aux élèves », nous fait part Jean-François Guilbault.
Le chef syndical se dit « très » inquiet. « Jusqu’où iront les centres de services scolaires pour satisfaire les pressions du ministère de Sonia Lebel dans sa volonté totalement irresponsable d’amputer toujours davantage le secteur de l’éducation au Québec, qui est déjà grandement affecté ? Les travailleurs scolaires en ont assez concédé. La ministre doit intervenir pour mettre fin à cette saignée et pour redonner pleinement confiance aux Québécois en leur système d’éducation », considère M. Guilbault.
« Dans le contexte budgétaire actuel, il est essentiel d’évaluer rigoureusement chaque dollar investi. » – Centre de services scolaire des Patriotes.
Service à l’élève
Le CSSP assure que le service aux élèves ne sera pas compromis par la fin de l’Annexe B. « Au contraire, c’est précisément pour préserver la qualité de ce service que nous devons harmoniser le temps moyen d’enseignement des enseignants du secondaire avec celui en vigueur dans les autres centres de services scolaires. Ce réajustement du temps d’enseignement permettra de dégager des ressources financières de l’ordre de 1,8 M$, qui serviront justement à maintenir le service aux élèves », termine l’organisation scolaire.