7 janvier 2026
Longueuil, le jeudi 8 janvier 2026 – Le Syndicat de Champlain, par la voix de son président Jean-François Guilbault, exige qu’un plan de relance du système d’éducation au Québec, impliquant une vaste réflexion concertant tous les acteurs du milieu, soit entrepris par le ministère de l’Éducation et sa ministre Sonia Lebel le plus rapidement possible. Le Syndicat déplore que malgré l’ampleur des problèmes en éducation, comme la pénurie de main-d’œuvre, la violence dans nos établissements scolaires et la vétusté d’un trop grand nombre d’écoles au Québec, aucun plan de sortie de crise ne soit véritablement mis de l’avant.
Jean-François Guilbault a fait valoir : « Plutôt qu’être en mode solution, la CAQ nous impose un laisser-aller intolérable. D’année en année, les alertes du milieu se multiplient. Nous sonnons l’alarme. Nous avertissons le gouvernement et le public des conséquences graves de la dégradation de notre système d’éducation. Nous nous époumonons pour attirer l’attention sur la crise qui secoue notre milieu et rien n’y fait. La CAQ persiste à laisser la situation se détériorer. Le résultat? Les données sont claires : la crise de la main-d’œuvre s’aggrave, il y a davantage d’écoles vétustes au Québec, la violence en milieu scolaire augmente et les services aux élèves paient le prix de cette négligence. Bien que nos valeureux travailleurs scolaires parviennent à faire des miracles au quotidien, il y a, en toute réalité, une limite au poids qu’on peut leur demander de supporter. Aussi, il est extrêmement désolant de constater que, lorsque la ministre est appelée à lister ses dossiers prioritaires, elle omette de mentionner la pénurie de main-d’œuvre en éducation, alors qu’il s’agit du problème le plus criant. De surcroît, elle évoque le fléau de la vétusté de nos écoles, seulement en fin de liste et le nomme comme étant un problème d’entretien et d’espaces, sans s’y attarder outre mesure. Il faut que ça change. L’éducation au Québec a besoin d’un réel leadership et ce n’est pas en se mettant la tête dans le sable ou en achetant la paix que la ministre va parvenir à l’incarner. Les neuf mois avant la prochaine élection au Québec peuvent être déterminants dans le cadre de la mise sur pied d’un plan de relance. L’éducation au Québec ne peut pas se permettre de perdre davantage de temps. Sonia Lebel doit agir dès maintenant. »
Rappelons que des dizaines d’écoles, dont les travailleurs sont représentés par le Syndicat de Champlain, sont classées en état de vétusté critique. Au cours des dernières semaines, l’école Notre-Dame-de-la-Paix à Beauharnois a dû fermer ses portes en raison de la présence de moisissure. Des membres du personnel scolaire en ont subi des problèmes de santé.
Dernièrement, les rapports de l’année 2024-2025 des centres de services scolaires ont également révélé un effritement de la réussite des élèves dans plusieurs régions au Québec. Des établissements dont le personnel est membre du Syndicat de Champlain sont concernés. Pour l’association syndicale, il est évident que la crise de la main-d’œuvre et le manque de financement sont les causes de ce problème.
« En éducation au Québec, chaque année est pire que la précédente. Tous les problèmes ne font que s’accentuer au fil des ans. Au final, la négligence dont la CAQ fait preuve envers le système d’éducation a pour effet de susciter une dévalorisation de la profession aux yeux de celles et de ceux qui pourraient être tentés d’y faire carrière, ce qui alimente atrocement le problème de recrutement et ça fait boule de neige. Il faut briser le cycle. Le manque d’investissement, l’absence de volonté politique favorable à un réel développement et les compressions irresponsables de la CAQ imposées aux centres de services scolaires en sont la cause. En plus de celles et ceux qui virent les talons, ils sont nombreux à démissionner et quitter le bateau. Comme quoi un problème ne vient jamais seul, et c’est davantage vrai lorsqu’il s’agit des conséquences du laisser-aller de notre système d’éducation. On ne peut pas trouer un navire et espérer le maintenir à flot indéfiniment », a conclu Jean-François Guilbault.