Une école primaire à la façon des hôpitaux universitaires

13 janvier 2026

13 janvier

Mélanie Marquis

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Une école primaire à la façon des hôpitaux universitaires

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

La nouvelle école primaire sera située dans le Quartier DIX30, à Brossard.

À la jonction des autoroutes 10 et 30 naîtra en septembre prochain le produit de l’union entre l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et le centre de services scolaire Marie-Victorin (CSSMV) : une école primaire flambant neuve qui fonctionnera à la manière d’un hôpital universitaire.

« Ce projet d’envergure vise à renforcer les liens entre la recherche universitaire et la formation initiale et continue en enseignement », lit-on dans l’annonce commune officielle.

Au téléphone, l’une des porteuses du dossier, Karine Labelle, vulgarise ce concept, forcément abstrait. « Ça renvoie à ce qu’on connaît des hôpitaux universitaires », lance la directrice adjointe du service des ressources éducatives du CSSMV, mais appliqué cette fois au milieu de l’enseignement.

« On a l’image de ce que c’est : les médecins accompagnés d’un paquet de résidents, d’externes, qui jouent le double rôle de médecin et de formateur de futurs médecins, poursuit-elle. Et on sait aussi que c’est le siège de pas mal d’innovations dans le domaine médical. »

IMAGE TIRÉE DU SITE DU CENTRE DE SERVICES SCOLAIRE
MARIE-VICTORIN

Représentation de la nouvelle école primaire, à Brossard, qui doit ouvrir ses portes à l’automne 2026

Et puisque ce type de partenariat « interpellait » le CSSMV, on s’est lancé à la recherche d’« un milieu très concret, très pratique, pour former de futurs enseignants », se souvient Karine Labelle. On l’a trouvé dans le Quartier DIX30, à Brossard, où pousse une école primaire.

Le futur creuset d’innovation pédagogique doit accueillir environ 350 élèves à la rentrée 2026-2027. Dans les couloirs, les petits croiseront non seulement leurs amis et les habituels membres du personnel scolaire, mais aussi des étudiants en éducation de l’UQAM.

« On ne va pas arriver là-bas avec nos gros sabots en prétendant détenir le savoir ! On va faire cela ensemble, imaginer l’école de demain ensemble », fait valoir Annie Dubeau, doyenne de la faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Annie Dubeau, doyenne de la faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM

« Foisonnant », « effervescent », « fédérateur » : l’universitaire s’enthousiasme en imaginant le potentiel de l’école, provisoirement appelée du Quartier, où la faculté qu’elle dirige en sera à sa première collaboration du genre.

Il ne s’agit cependant pas d’une première au Québec : à l’école des Pionniers de Terrebonne, par exemple, le département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et le centre de services scolaire des Affluents (CSSDA) font équipe depuis quelques années.

Valoriser la profession enseignante

En plus de stimuler la recherche et l’innovation, ce type d’initiative pourrait contribuer à rendre la profession enseignante plus attrayante – un bénéfice qui aurait l’heur de plaire au CSSMV, dans le contexte de pénurie que l’on connaît.

PHOTO FOURNIE PAR KARINE LABELLE

Karine Labelle, directrice adjointe du service des ressources éducatives du centre de services scolaire Marie-Victorin

« Les enseignants méritent que leur profession soit reconnue au même titre que toutes les autres professions libérales. Ce qu’on veut aussi à travers ce projet, c’est démontrer leur haut niveau de professionnalisation, et ça, les syndicats l’ont reconnu tout de suite », souligne Karine Labelle.

L’accueil est effectivement positif du côté du Syndicat de Champlain, affilié à la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ). « C’est important de faire avancer la cause de l’éducation », argue Jean-François Guilbault, son président.

Il faudra toutefois, prévient-il à l’intention du CSSMV, résister à la tentation d’appliquer « mur à mur » d’éventuelles conclusions de recherches tirées à partir d’expériences réalisées dans un « milieu relativement contrôlé ».

Recherches, expériences… cela fait-il des écoliers des rats de laboratoire ? Certains parents pourraient-ils être réticents à l’idée de confier leur progéniture à cette école ? « On l’a en tête. On sait que ce n’est pas tout le monde qui sait ce que ça veut dire, faire de la recherche en éducation », indique Karine Labelle.

« Tout ça, il va falloir l’expliquer et rendre l’école accessible pour ne pas tomber dans cette image », dit-elle.

L’école primaire ne recevra pas de budget spécifique du ministère de l’Éducation pour le projet.

La professeure du département d’éducation et formation spécialisées de l’UQAM Mélissa Goulet arrive pour sa part avec un financement de 25 000 $ pour documenter et analyser le processus. L’établissement universitaire compte aussi faire appel à des donateurs pour gonfler le budget de recherche.


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