16 janvier 2026
Le retour des vacances n’a pas été facile pour tout le monde et nous, les travailleurs scolaires, pouvons en témoigner largement. Les Québécois ont la chance de pouvoir compter sur des personnes passionnées qui portent le système d’éducation au bout de leurs bras. Je suis immensément fier de faire partie de ces centaines de milliers de membres du personnel de soutien scolaire et d’enseignants qui ne lésinent pas les efforts pour honorer ces professions qui nous habitent. Toutefois, bien que nous soyons prêts à faire des miracles tous les jours, reconnaissons-le, nous avons tout un poids à porter, et plus ça va, plus il est lourd. Réalistement, si la crise de la main-d’œuvre en éducation continue de s’aggraver, cette surcharge ne pourra plus continuer. Il est donc nécessaire qu’un plan de relance en éducation mené par le ministère soit mis de l’avant le plus rapidement possible pour contrer les problèmes qui sévissent dans le secteur, comme l’augmentation de la violence subie par le personnel, le manque de ressources humaines et la vétusté critique d’un trop grand nombre de nos établissements scolaires.
Il reste neuf mois avant les prochaines élections au Québec et cette période ne doit en aucun cas être perdue. Sonia Lebel a la capacité de faire énormément d’actions déterminantes d’ici la fin de la présente législature et je crois qu’objectivement, si elle a, ne serait-ce qu’un tant soit peu de sensibilité par rapport à la dure réalité vécue par ce milieu dont elle a ultimement la charge, elle se doit d’agir en ce sens. La multiplication des problèmes liés à la crise de la main-d’œuvre en éducation, jointe aux enjeux très souvent hautement honteux émanant du dépérissement avancé de plusieurs de nos établissements scolaires, en plus de l’accroissement du nombre de cas de violence recensés dans nos écoles, ont pour effet de provoquer une dévalorisation de nos professions aux yeux de celles et de ceux qui pourraient être tentés de les adopter. Il y a aussi tous ces travailleurs scolaires qui finissent par démissionner et quitter la profession. À terme, le service aux élèves finit par en subir l’impact et en être détérioré, ce qui contribue également à la démotivation de celles et de ceux qui choisissent de changer de carrière. C’est un véritable cercle vicieux. Les rapports des centres de services scolaires de 2024-2025 ont révélé un recul dans les résultats d’élèves de plusieurs établissements. Je crois qu’on va tous s’entendre pour convenir que le manque de personnel y est pour beaucoup.
Imaginez l’effet qu’aurait une annonce stipulant que le gouvernement du Québec reconnait, à sa juste mesure, l’ampleur de la crise qui a cours en éducation et qu’il compte donc entreprendre une série d’actions pour renverser la situation, comme des investissements – plutôt que des compressions -, l’ouverture de plusieurs chantiers pour réparer nos écoles, des actions concrètes pour contrer la violence et une grande réflexion sur l’avenir de l’éducation au Québec, comme le demande les acteurs du milieu depuis plus de deux ans. Cette simple annonce aurait déjà comme effet de susciter un élan d’espoir, qui, lui seul, inspirerait de grands changements bénéfiques pour ces professions qui en ont bien besoin.
Jean-François Guilbault
Président