«Il est essentiel d’agir»: des profs et employés de soutien épuisés lancent une campagne pour contrer la violence à l’école

26 janvier 2026

Le lundi 26 janvier 2026

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Jean-François Guilbault, président du Syndicat de Champlain.

Jean-François Guilbault, président du Syndicat de Champlain. Photo fournie par le Syndicat de Champlain

Un syndicat représentant des profs et employés de soutien de la Montérégie lance une campagne de sensibilisation pour contrer la violence à l’école, ce qui pourrait bien être une première dans le réseau scolaire.

«Il y a un large consensus à l’effet qu’il y a un enjeu clair au niveau de la violence en milieu scolaire. Nos membres sont épuisés, ils en ont assez, certains virent les talons, démissionnent ou quittent prématurément. Pour nous, il est essentiel d’agir», affirme Jean-François Guilbault, président du Syndicat de Champlain.

Ce syndicat local représente les enseignants et le personnel de soutien des centres de services scolaires Marie-Victorin, des Patriotes et de la Vallée-des-Tisserands, tous situés en Montérégie.

X mauve

À partir de cette semaine, leurs membres seront invités à porter une épinglette à l’effigie d’un X mauve, qui se veut un «symbole fort» permettant d’affirmer «qu’on ne peut plus tolérer ce genre de comportements là», affirme M. Guilbault.

Des publicités seront aussi déployées sur le web, sur des autobus et dans les écoles où le personnel est représenté par le Syndicat de Champlain.

Différentes activités de mobilisation et de sensibilisation sont aussi prévues lors de cette campagne de sensibilisation, qui serait une première dans le réseau scolaire.

Invité à préciser dans quel contexte les membres du personnel scolaire subissent de la violence, M. Guilbault a tenu à préciser que toutes ses formes sont jugées inacceptables, «qu’elles soient intentionnelles ou non».

Selon un sondage réalisé par la Fédération des syndicats de l’enseignement le printemps dernier, un prof sur deux rapportait avoir été victime de violence depuis le début de l’année scolaire.

Parmi eux, 46% avaient vécu de la violence physique, que l’on retrouve davantage en maternelle, au primaire et dans les écoles spécialisées qui accueillent des élèves à besoins particuliers.

Des blessures surviennent notamment lors d’interventions auprès d’élèves en crise.

«Tout s’explique, mais tout ne s’excuse pas», affirme M. Guilbault, tout en reconnaissant qu’il y a «clairement des enjeux importants au niveau des difficultés» rencontrées par les enfants».

Il tient toutefois à préciser que la violence «au sens large» est dénoncée par ses membres, ce qui comprend aussi celle commise par certains parents.

«L’enjeu de la violence, ça ne peut pas reposer uniquement sur les épaules du réseau scolaire. C’est un enjeu de société, il faut que tout le monde se sente concerné», affirme M. Guilbault.