9 février 2026
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Devant l’augmentation de la violence chez les jeunes, le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) déploiera de l’effectif dans des écoles secondaires de son territoire. La Régie intermunicipale de police Richelieu Saint Laurent (RIPRSL) ne lui emboîte pas le pas en ce sens dans nos écoles.
Le SPAL note une augmentation de la violence chez les jeunes. Il met en place une série d’interventions ciblées pour renforcer la sécurité autour et à l’intérieur de certaines écoles secondaires. Il est notamment question de présence policière accrue dans les secteurs à risque, de patrouilles renforcées autour des écoles et de travail de proximité intensifié auprès des jeunes âgés de 12 à 17 ans.
La RIPRSL indique ne pas avoir observé, à ce jour, « d’augmentation significative » des gestes violents impliquant des adolescents. Outre la présence d’un agent sociocommunautaire, la RIPRSL n’envisage pas de présence policière dans certaines écoles secondaires du territoire qu’elle couvre. « Nous demeurons très attentifs aux manifestations de violence chez les jeunes, autant dans les milieux scolaires que dans les espaces publics. Nous restons prudents et vigilants », fait savoir Eric Boulianne, agent sociocommunautaire à la RIPRSL. Il affirme que son organisation policière travaille en « étroite collaboration » avec les centres de services scolaires et les directions d’école afin de détecter « rapidement » les situations à risque et de mettre en place des interventions ciblées lorsque nécessaire. « Notre priorité est de prévenir l’escalade vers des gestes de violence plus graves, en intervenant tôt et en mobilisant les partenaires du milieu », mentionne M. Boulianne.
Ce n’est pas la solution
Le Syndicat de Champlain, qui représente le personnel enseignant et de soutien, salue l’initiative du SPAL. Il ne considère toutefois pas qu’il s’agisse d’une solution. « Ça fait dix ans que l’on parle de violence dans le milieu scolaire. On en est rendus là, ce constat de besoin de présence policière physique dans l’établissement pour créer minimalement un premier sentiment d’apaisement et de sécurité », résume Jean-François Guilbault, président du Syndicat. Il réclame une « grande réflexion sociétale » afin de saisir l’origine de cette violence identifiée et de trouver les moyens « réellement efficaces » à mettre en place pour l’éradiquer. Il blâme notamment les compressions budgétaires vécues dans le réseau scolaire. « On est venu couper dans des ressources qui sont sur le terrain, qui ont développé l’expertise et qui pourraient amener des solutions sur la réalité école », fait-il refléter. Il nuance que la violence ne naît pas à l’école, mais qu’elle y arrive. « Il faut se questionner sur ce que l’on a fait pour en arriver là. Beaucoup d’organisations devront se questionner sur leurs pratiques », termine-t-il.
Prévention avant la répression
La RIPRSL mentionne déployer des interventions visées en milieu scolaire et aux abords des écoles secondaires. « Cela permet de mieux connaître les réalités propres à chaque milieu, de repérer rapidement les situations à risque et de mettre en place des actions de prévention adaptées », estime le sergent Boulianne.
Pour contrer la violence chez les jeunes, la RIPRSL privilégie les ateliers de prévention avec les adolescents âgés de 12 à 17 ans, les rencontres avec les parents et les partenaires du réseau scolaire et communautaire, ainsi que les mesures extrajudiciaires lorsque les conditions sont réunies (infractions non violentes, absence d’antécédents importants, potentiel de responsabilisation). Lorsque des comportements dépassent les seuils de tolérance ou mettent gravement en danger la sécurité d’autrui, il soutient ne pas hésiter à utiliser les leviers juridiques prévus, « mais toujours dans le respect de l’esprit de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents ».
Deux corps policiers
Le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) collabore avec les deux corps de police qui œuvrent sur son territoire, la RIPRSL et le SPAL. « Au fil des ans, nous avons développé des liens privilégiés avec ces intervenants, dans toutes nos écoles secondaires, y compris à l’école secondaire de Chambly (RIPRSL) et l’école secondaire du Mont-Bruno (SPAL) », dit le CSSP.
Une agente sociocommunautaire est associée à l’école secondaire de Chambly. « Elle agit de façon préventive et peut identifier des interventions ciblées à mettre en place lorsque le contexte le requiert. Toute notre équipe est mobilisée pour assurer la sécurité de tous. La présence policière, lorsque nécessaire, est donc une stratégie qui s’ajoute à l’éventail des possibilités que nous avons pour prévenir les événements violents et les gérer au besoin », déclare le CSSP.
Parallèlement, la Sûreté du Québec a lancé SQtv 12-17. Il s’agit d’une nouvelle série vidéo de prévention, diffusée sur YouTube, qui donne la parole aux adolescents, qui ont entre 12 et 17 ans, sur des enjeux qui les touchent directement. Violence, fraude, cyberintimidation, risques en ligne, consommation et autres sujets : la série vise à sensibiliser, à outiller et à encourager l’adoption de comportements sécuritaires chez les jeunes.