1 avril 2026
Marc Larouche
Comme partout, la violence dans les écoles du Centre de services scolaire Kamouraska–Rivière-du-Loup ne s’atténue pas. C’est pour cette raison que la campagne Mettons un X sur la violence en milieu scolaire s’est tenue récemment, portée par une coalition syndicale représentant près de 3000 membres du personnel scolaire. L’initiative visait à dénoncer une situation jugée de plus en plus préoccupante dans les écoles, alors que la violence continue de prendre de l’ampleur malgré les efforts de sensibilisation.
Lancée à l’initiative du Syndicat de Champlain, la campagne a été menée conjointement par le Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage (CSQ), le Syndicat du personnel professionnel de l’éducation du Grand-Portage (CSQ) ainsi que les syndicats du soutien scolaire affiliés à la CSN. Elle s’inscrivait notamment dans le cadre de la Semaine de la prévention de la violence et de l’intimidation dans les écoles du ministère de l’Éducation.
« Depuis cinq ans, on constate une recrudescence du manque de respect et des comportements inappropriés envers l’autorité, envers l’enseignant », explique la présidente du Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage, Natacha Blanchet. Cette détérioration du climat scolaire a des conséquences directes sur le personnel. « Certains enseignants quittent temporairement ou définitivement le réseau. Les risques psychosociaux entraînent de graves conséquences pour le travail au quotidien de tout le monde », souligne-t-elle, évoquant des congés de maladie, des retraites anticipées, et même des démissions.
Selon les organisations syndicales, la violence ne se limite plus aux insultes ou aux gestes physiques. Elle prend aussi des formes plus insidieuses, notamment avec l’utilisation des technologies et des réseaux sociaux. « On a des actes de harcèlement plus sournois, comme prendre en photo un enseignant et diffuser ça », illustre Natacha Blanchet.
Le reflet de la société
Pour elle, l’école ne fait que refléter une réalité plus large. « Il y a de la violence dans notre société. L’école est le reflet de la société. Il faut que ça devienne l’affaire de tous : les parents, les dirigeants, le personnel, tout le monde », dit Mme Blanchet.
Malheureusement, il semble que le vouvoiement n’ait rien changé en ce sens. En imageant à peine, on est simplement passé de « toé mon ost… » à « vous mon ost… ». La campagne reposait notamment sur le symbole du X mauve, choisi pour sa portée à la fois d’interdiction, de refus et de protection. Déjà associé à différentes luttes contre la violence, le mauve visait à rallier la population autour d’un message clair : la violence en milieu scolaire n’est plus tolérable.
Au-delà du symbole, les syndicats ont voulu provoquer une mobilisation plus large. « On voulait que ça fasse un vaste mouvement. Des lettres de demande d’appui ont été envoyées aux municipalités afin d’élargir la portée de la démarche », dit-elle.
Certaines avancées ont été réalisées dans la façon de traiter le problème, notamment la mise en place de protocoles visant à mieux soutenir les victimes, souvent oubliées dans le processus. On a toléré trop longtemps. On a laissé passer de petites choses qui ont pris de l’ampleur avec le temps, et là, c’est très difficile de ramener les comportements », conclut Natasha Blanchet, pour qui la sensibilisation reste essentielle, mais ne suffit pas. « Il faut en parler, ne pas banaliser. Il faut dire que c’est inacceptable. »