10 avril 2026
La violence en milieu scolaire est une cause qui trouve un écho partout. Au vu de l’actualité, je devrais plutôt dire la violence sous toutes ses formes. Pour qu’on se comprenne, je réfère ici à la policière qui s’est fait insulter violemment, d’abord et avant tout, parce qu’elle était une femme. Et bien que je dénonce vigoureusement le geste qui s’est produit ( dont l’agresseur a eu l’insolence de filmer et de publier sur ses réseaux), je crois qu’on doit tout autant dénoncer ce que le personnel scolaire, composé à majorité de femmes, vit dans nos établissements.
C’est ce que nous avons tenté de faire avec la campagne « Mettons un X sur la violence en milieu scolaire ».
Parce que la violence en milieu scolaire est souvent moins visible, moins spectaculaire, mais malheureusement, tout aussi réelle. Elle ne fait pas toujours les manchettes parce que le réseau à la très fâcheuse tendance à l’excuser, voire à la banaliser. « Nicolas a seulement 8 ans, il n’a pas fait exprès de frapper son enseignante ». À force d’excuses, on finit par exacerber le problème.
Il ne s’agit pas ici d’opposer ces réalités ni de dire que l’une est pire que l’autre. Quant à moi, toutes les formes de violence sont inacceptables. Mais je veux qu’on comprenne que la violence, qu’elle soit dirigée vers une policière dans la rue ou vers une enseignante, une TES, une éducatrice ou une secrétaire dans son milieu de travail, c’est tout aussi grave. Nous avons donc la responsabilité collective de la nommer et d’agir pour y mettre fin.
C’est dans cet esprit que s’inscrivait notre campagne du « X mauve » . Au cours des dernières semaines, nous avons lancé un mouvement qui a émergé en une véritable mobilisation nationale. Cette cause a rallié divers acteurs de la société civile tels que des conseils municipaux, des chercheurs, la Fédération des comités de parents, des partis politiques, plusieurs organisations syndicales et bien sûr, les personnels de l’éducation.
Les bons coups sont nombreux
Nous avons multiplié les entrevues médiatiques pour sensibiliser et responsabiliser le public. De plus, nous avons publié des outils concrets comme le Guide de prévention et d’intervention contre la violence envers le personnel de l’éducation et une capsule de la « Pause syndicale » l’accompagnant. Une campagne de visibilité s’est échelonnée sur près d’un mois. Vous avez porté fièrement l’épinglette du « X mauve ». Nous avons produit un balado pour approfondir la réflexion. Vos délégués se sont même mobilisés lors du Congrès pour faire un coup d’éclat en créant un « X mauve » géant filmé à l’aide d’un drone. Finalement, tous nos efforts ont mené à un vote unanime de l’Assemblée nationale pour lancer une enquête nationale sur la violence dans nos écoles.
Bref, pour parler de la cause, le Syndicat de Champlain a été sur tous les fronts. Mais ce n’est qu’un début. Dès le départ, cette première année visait à ouvrir la discussion. Car si la campagne « Mettons un X sur la violence en milieu scolaire » s’est conclue le 29 mars dernier, nous le savons tous : la violence, elle, ne s’arrêtera pas magiquement. Le travail est loin d’être terminé.
C’est pourquoi nous devons déjà nous tourner vers la suite. Nous n’attendrons pas pour agir. Nous continuerons d’utiliser tous les leviers à notre disposition pour intervenir sur le terrain et provoquer le dialogue social sur cet enjeu qui concerne toute la société. Dans le cadre de la préparation de la deuxième année de la campagne, nous souhaitons aller encore plus loin. Nous ne nous contenterons pas de dénoncer, nous proposerons des solutions concrètes, adaptées aux réalités du terrain en partenariat avec davantage d’acteurs parce que cette lutte dépasse les murs de l’école.
En attendant, conservez précieusement vos épinglettes du « X mauve ». Elles ne sont pas un souvenir, mais bien un engagement pour l’avenir. Un avenir où collectivement, nous mettrons un X sur la violence en milieu scolaire.
Jean-François Guilbault,
Président du Syndicat de Champlain