29 mai 2026
Comme c’est le cas tous les ans depuis que je suis à Champlain, cette année a été remplie d’action, d’événements majeurs et de défis. En même temps, s’il y a une caractéristique particulière à travers l’intensité que suscitent les problèmes constamment de plus en plus criants que subit notre milieu, c’est que cette année, j’entrevois l’émergence d’un certain espoir : celui de voir poindre à l’horizon un tournant en éducation au Québec, grâce à l’intérêt croissant que lui portent dorénavant les médias, donc l’opinion publique.
Ceux qui me côtoient le confirmeront, je suis très loin d’être une personne cynique. Il y a toujours chez moi un brin d’optimisme, quoi qu’il arrive. Néanmoins, cette fois s’ajoute à celles où je peux m’appuyer sur une certitude concrète : lorsque l’opinion publique québécoise accorde de l’importance à un dossier, celui-ci a de très fortes chances de devenir une réelle priorité gouvernementale par la force des choses.
Nonobstant mon optimisme, je suis persuadé que 2025-2026 nous servira désormais d’exemple afin de démontrer que rien ne peut être tenu pour acquis en matière de défense des droits au Québec, et que c’est davantage le cas lorsqu’il est question de ce qui protège la classe moyenne. Pensons au droit de grève, qui a été affecté par le PL 89, ou à la démocratie syndicale, malmenée par le PL 3, dont le débat a fait casser énormément de sucre sur le dos des syndicats. Il y a aussi le PL 101 qui a discriminé les travailleuses et les travailleurs de l’éducation et de la santé en leur imposant un régime distinct pour ce qui relève de la santé et de la sécurité au travail. J’ose malgré tout croire que ces changements législatifs rétrogrades mettront en lumière le fait que l’idéologie propatronale desservie par le gouvernement de la CAQ ne sert en aucun cas les intérêts de la très vaste majorité des Québécois.
Nous avons vu aussi, cette année, une grande augmentation de la visibilité médiatique accordée aux dossiers hautement préoccupants que sont l’augmentation de la violence dans nos écoles, la vétusté inacceptable de nos établissements scolaires et la crise de la main-d’œuvre en éducation. Nous pouvons fièrement nous targuer d’y avoir contribué, notamment avec notre campagne du X mauve qui a connu un immense succès dans les médias locaux et nationaux et qui dès la première année a inspiré une motion unanime de l’Assemblée nationale pour demander une enquête sur la question de la violence en milieu scolaire.
Encore une fois, en 2025-2026, les membres de Champlain ont manifesté leur engagement et j’en suis extrêmement fier. Pour pouvoir faire face aux intempéries législatives suscitées par la CAQ, il est essentiel que nous soyons mobilisés et unis. C’est précisément ce que vous avez fait, chers collègues. Vous avez été bien présents aux états généraux en éducation, aux états généraux sur le syndicalisme, ainsi qu’à notre 38e congrès, qui s’est tenu au mois de mars. Nous y avons vécu, ensemble, un moment fort où cette détermination dont vous faites preuve s’est fait indubitablement sentir.
Ne lâchons rien!
Jean-François Guilbault
Président