Flanqué du député péquiste Pascal Bérubé, de la première VP de la CSQ et du président du Syndicat de l’enseignement des Deux Rives, il a réclamé la tenue d’une enquête nationale sur la violence à l’école afin de brosser un véritable portrait du fléau.
M. Guilbault soutient que les outils mis à la disposition des enseignants pour gérer les cas de violence de plus en plus fréquents ne sont plus adaptés à la réalité d’aujourd’hui.
Les profs doivent non seulement prouver que le geste de l’enfant était « intentionnel », mais la démarche est souvent perçue par le personnel comme « une espèce d’inquisition ».
« On joue sur la corde de la culpabilité en leur demandant de qualifier les gestes de violence au regard qu’elle soit intentionnelle ou non, sur la foi de l’âge des enfants, sur la foi de conditions psychologiques des enfants, sur la foi de diagnostics. La violence, elle peut être explicable, mais en aucun cas elle ne peut être excusable, et ça engendre un découragement puisqu’on banalise et on minimise la violence au quotidien dans le réseau scolaire », insiste-t-il.
La course à la chefferie de la CAQ pas aidante
Les plans de gestion de la violence prévoient même des mécanismes qui légitimisent les comportements agressifs, déplore le syndicaliste.
« On demande au personnel de sortir la classe lorsqu’un élève se désorganise, illustre-t-il. Donc, on n’agit pas sur la violence ».
La vice-présidente de la CSQ Nadine Bédard-St-Pierre admet que la course à la chefferie au gouvernement n’est pas aidante dans le dossier. Si elle sent de « l’empathie » à l’égard du personnel scolaire, il n’y a pas d’action concrète. « Actuellement, il y a une période de flottement qui est nuisible à l’égard du personnel », dit-elle.
La perspective de voir le prétendant au trône caquiste Bernard Drainville, un ancien ministre de l’Éducation, gagner la course à la succession de François Legault n’enchante guère le député péquiste Pascal Bérubé.
Il souligne qu’après un sommet sur la violence en milieu scolaire, l’aspirant premier ministre avait imposé la diffusion d’une vidéo dans les écoles et le vouvoiement dans les écoles pour plus de civilité.
« Moi, je m’attendais à un plan d’intervention très concret qui envoie le message qu’on protège le personnel, on a parlé du roi de la montagne », a raillé le député de Matane–Matapédia.