Élection de Christine Fréchette : la CAQ ne propose rien de neuf en éducation

4 mai 2026

La situation dans nos centres et nos écoles au Québec est telle, que le moindre petit coup de vent en politique québécoise permettant une possibilité de changement favorable me porte à me croiser les doigts et à espérer. Est-ce que le moment tant attendu où nous pourrons enfin voir poindre à l’horizon une volonté politique qui ramènera notre système d’éducation dans le droit chemin est arrivé? Est-ce que la nouvelle première ministre Christine Fréchette sera celle qui enclenchera le processus et sortira de la torpeur ce pilier de notre société québécoise, ce domaine que nous affectionnons tant, qu’est l’éducation?

Malheureusement, les positions qu’elle a annoncées dernièrement ne peuvent que me ramener à la dure réalité : encore une fois, c’est une occasion manquée. Tout indique que, malgré la multiplication des départs d’enseignants et de membres du personnel de soutien, malgré l’augmentation de la violence dans nos milieux, malgré le recul nommé de la qualité des services aux élèves et son impact sur les résultats scolaires, malgré l’état critique dans lequel se trouvent la plupart de nos établissements d’enseignement et malgré la diminution au cours des dix dernières années du niveau de confiance qu’accordent les Québécois à notre système d’éducation, nous sommes, encore et toujours, face à cette vieille idéologie nuisible qui voit l’éducation comme étant une dépense dérangeante, plutôt qu’un investissement hautement rentable. À court et à moyen terme, nous allons donc devoir nous confronter au même déni politique que nous a servi la CAQ depuis toujours et à la même obstination ferme de refuser catégoriquement au réseau de l’éducation la consécration des moyens dont les enseignants et le personnel de soutien scolaire ont besoin pour instruire les générations futures dans des conditions acceptables.

Lorsqu’il est question du financement en éducation, Christine Fréchette utilise un vocabulaire qui s’appuie sur la « stabilité ». Elle se veut rassurante envers ceux qui partagent ses idéologies en évoquant qu’au minimum, les augmentations budgétaires qu’elle compte apporter suivront l’inflation, ce qui ne correspond qu’au maintien du statu quo, à l’intérieur duquel les coûts de système ne sont même pas couverts, alors que la situation est intenable. Aussitôt dit, elle s’empresse d’ouvrir la porte à une prise en charge par les intérêts du privé, et de sa quête absolue du profit, de la gestion des infrastructures scolaires, alors que le système public a déjà tout pour bien desservir ses besoins, à l’exception d’un financement conséquent et responsable, comme le font normalement les gouvernements qui se respectent. La nouvelle première ministre ne semble vraisemblablement pas au fait que chaque dollar investi en éducation nous sera rentable collectivement au quintuple…

Après l’étalage de toute cette idéologie défavorable à un retour en force d’un financement à la hauteur des besoins réels de notre système public d’éducation, il est très difficile d’accorder de la crédibilité à la nouvelle porteuse du ballon à Québec lorsqu’elle fait référence à ses autres priorités sur le sujet.

Chers collègues, ne lâchons rien. Les Québécois souhaitent du changement tout comme nous. Restons mobilisés. Notre persévérance finira par porter fruit.