4 mai 2026
À la CSQ, un comité de la diversité sexuelle et l’identité de genre (CDSIG) existe depuis déjà trente ans et agit à titre de rôle conseil auprès de la centrale. Cette année, pour la première fois, la CSQ a organisé, le 21 avril dernier, une journée de réseautage réunissant membres de la diversité et alliés à l’intérieur d’espaces de rencontres, de réflexion et d’échanges dans le but d’informer, de sensibiliser, de comprendre et d’outiller pour mieux accueillir les membres de la diversité. Conférences, témoignages et ateliers réflexifs ont comblé le précieux temps mis à la disposition de ces enjeux.
À même le mot d’ouverture, les personnes participantes ont fait leur premier constat par la mise en contexte de ce réseau dans le cadre politique actuel. Des données révélatrices ont démontré que, bien que plusieurs perçoivent les avancées sociales en matière de compréhension et d’acceptation de la diversité sexuelle et de genre comme étant atteintes et en constante progression, on observe plutôt des reculs civilisationnels à plusieurs égards. En 2026, les statistiques exposent ce qui se passe dans notre société avec des exemples réels.
Au Canada, le nombre de crimes haineux liés à l’orientation sexuelle rapporté par la police a plus que quadruplé en 5 ans. Il est passé de 186 cas en 2018 à 860 en 2023 selon Statistique Canada. De plus, les dernières années sont caractérisées par une montée fulgurante de la polarisation et de la politisation des questions de diversité sexuelle et d’identité de genre ainsi qu’une montée importante des courants de pensée conservateurs en Occident.
Au Québec, ce regain d’aversion s’illustre par le fait que des individus se soient indignés que Barbada fasse la lecture de contes aux enfants dans les bibliothèques; que l’ancien ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, se soit opposé publiquement à ce qu’il y ait des toilettes mixtes dans les nouvelles écoles; que le cas de Mx Martine, une enseignante non binaire d’une école primaire de la Montérégie ait été diffamé à l’intérieur de débats acrimonieux à l’Assemblée nationale et dans les médias; que Joseph Facal, ancien ministre de l’Immigration et de l’inclusion, ait clamé, l’an dernier, qu’il assimilait l’étude des enjeux de diversité et d’inclusion à une « salade militante ».
De vieilles mentalités pourrait-on penser, non pas pour excuser, mais pour expliquer ? Malheureusement, les jeunes générations n’y échappent pas. En effet, le Groupe de Recherche et d’Intervention Sociale de Montréal (GRIS) a constaté qu’entre 2017 et 2024, le niveau de malaise des jeunes québécoises et québécois du secondaire face à l’homosexualité de leurs propres amies et amis a doublé.
Somme toute, il y a certaines avancées un peu partout à travers le monde, mais personne n’est à l’abri de reculs aux niveaux sociétal, juridique et législatif, notamment lorsque le constat général demeure une régression marquée sur les enjeux de diversité et d’inclusion. Donc, il est primordial de s’inquiéter et de s’occuper de la hausse de l’intolérance. Dans la conférence L’inclusion fait la force qui a suivi, le professeur sociologue Michel Dorais mentionnait qu’à l’ensemble des lettres 2ELGBTQI+, il en manquait une : le H. Pour signifier humain. Et que chez cette espèce, la diversité n’égale pas déviance.
À travers les différences, j’ose croire que chaque individu aspire à vivre dans un monde où les valeurs d’égalité, de solidarité, de justice sociale, de liberté, de démocratie et de coopération prônent sur toutes les autres. Et que cela justifie la pertinence et la nécessité des moyens entrepris pour améliorer la qualité de vie, lutter pour éliminer le sexisme, le racisme, l’homophobie, la transphobie, la violence et le harcèlement.
Geneviève Bourbeau
Coordonnatrice